Quand je t’ai vu au cinéma il y a maintenant 15 ans de ça, je rêvais de te chercher, je rêvais de te trouver… ou plutôt j’espérais que quelques indices me mèneraient jusqu’à toi. Et puis la vie…
Notre quartier il n’est pas aussi petit que Montmartre, il n’est pas aussi prestigieux non plus mais il n’en est pas moins pittoresque. Tu as toujours été là, Nino, à quelques kilomètres de moi. Et puis la vie…

Finalement c’est toi qui m’a trouvé. Ce jour là tu m’as vu. Je n’ai pas senti ton regard sur moi. C’était une belle journée. Les bulles, la valse des flutes, la musique, le soleil, les sourires et partout des guirlandes et des fleurs en papier. Je portais une robe d’été, une qui tourne et qui ne mérite aucun artifice pour être appréciée. J’avais mis dans mes cheveux un ruban aussi rouge que mes lèvres. J’étais là pour m’amuser, pour rire, danser, boire et avoir mal aux pieds.

Tout y était! Les flonflons, le feux d’artifice, le bal populaire… Tout y était mais tu n’as pas osé. Tu as préféré laisser faire le temps. Tu as préféré semer des indices pour que je vienne jusqu’à toi, Nino Quincampoix. Et puis la vie… 

Mais le monde est petit et le destin est facétieux. On ne se connaît pas vraiment. C’est drôle. C’est touchant. C’est tentant. Mais la vie… 
La vie qui tourbillonne mais qui se réserve une petite tranche pour nous. Une petite tranche de rien du tout qui deviendra vite notre tout. Il lui en faudra du temps pour nous mettre tous les deux sur la voix. Pourtant tous les indices étaient là ! Et puis toi…
Tu as raison Nino, il n’y a pas de hasard. J’aurais dû le savoir à ce moment précis, lorsque je t’ai vraiment rencontré… c’était dans ce même cinéma, mais pas à travers l’écran cette fois. Le destin aura même voulu que ça soit en compagnie de la même amie avec qui je t’ai vu tomber amoureux d’Amélie. 
Tout me paraît si évident maintenant. J’ai résolu le mystère. 
C’est toi. 
Je vous aime Monsieur Quincampoix.