Tout part d’une sombre histoire de vie de jeune fille. Une jeune fille que je suis redevenue, malgré moi, en récupérant le nom de mon papa, sur mes papiers, mon compte en banque et ma carte de fidélité Séphora.

Oui une jeune fille, malgré mes 33 piges, ma ride du lion et mon fucking cheveu blanc. Je n’en ai qu’un ou deux ou trois, coriaces et qui repoussent exactement au même endroit. Bref, mon allure ne trompera personne, je ne suis plus une jeune fille mais une femme libérée… et il a raison Cookie (enfin, il a eu tord pour le pseudo) ça n’a pas été si facile.

Et puis ceux qui traversent les océans, ceux qui gravissent des montagnes, ceux qui réussissent leurs exams, ils reçoivent une récompense, ils font des photos souvenirs et ils fêtent ça avec leurs amis. Moi aussi je voulais marquer le coup. L’océan a été traversé, la montagne gravie et l’examen validé. Elles m’ont toutes soutenue, de la première à la dernière larme que j’y ai laissé. Elles m’ont accueillie chez elles, elles m’ont fait rire, elles m’ont emmené au bout du monde, elles m’ont fait manger et elles m’ont saoulée d’amour et de champagne. Elles ont changé mes idées noires en gris pâle, elles m’ont fait sortir de ma zone de confort, elles ont porté ma dignité, mes meubles et mon amour propre à bout de bras… je leur devais bien ça.

Alors on a trouvé une date où elles pourraient toutes être là. Il en a manqué quelques unes, forcément, mais je crois qu’on n’aurait pas été plus au complet que ce premier week end de mars. Je voulais leur faire plaisir, je voulais les chouchouter, je voulais les remercier puissance mille pour tout ce qu’elles m’ont donné. Mais j’étais complètement à cours d’idées… C’est là que la magie de l’internet a opéré (encore une fois) pour que cette Divorce Party soient à l’image des femmes que nous espérons être, des nanas déterminées et décomplexées, des mamans responsables et fun, des copines infaillibles et franches, des êtres farfelues qui n’hésitent pas à mettre un peu de paillettes et à distribuer des sourires dans la rue. Des fois que ça se répande… et ça marche…

Rendez vous est pris avec une coiffeuse que l’on m’a chaudement recommandée. Je m’occupe de ramener du maquillage, du vernis… Un photographe pour immortaliser le résultat? Elles adoreraient! Serge Collana répond à mon appel de détresse et adhère au projet. Je réquisitionne l’appartement de Nino (qui deviendra incessamment sous peu, et en toute humilité, le plus joli air bnb de Troyes *auto-publicité*) qui se situe en plein centre ville. Je remplis le frigo. Je cuisine des cupcakes pour le goûter, je fais lever une pâte à pizza pour le soir et je façonne deux belles brioches pour le lendemain. Quelques bonbons et quelques bulles au frais… tout est prêt!

La suite n’a été que du bonheur: des discussions de filles, des coiffures divines, des yeux de biches, des lèvres rouges, des robes et des chaussures par dizaines, des fou-rires par centaines, des paillettes par milliers… Après avoir usé les miroirs de nos reflets, nous sommes parties arpenter les pavés humides de la cité tricasse. Le vent et la pluie n’auront pas eu raison de nos sourires et de notre bonne humeur… en petites robes et talons hauts, nous avons pris la pause pour immortaliser notre joie de vivre et notre inlassable amitié. Malgré le froid, nous nous sentions forte et jolies. Les passants ne s’en sont pas remis.

La suite de cette soirée a été classée « Secret Défense », sauf pour les voisins qui ont profité de nos voix mélodieuses et de nos ragots de bonnes femmes jusqu’à épuisement.

Je suis chanceuse d’avoir des amies aussi chères, je suis heureuse d’avoir pu déterrer le spectre de ma vie de jeune fille pour lui redonner un souffle de folie. Ce jour là, la page s’est définitivement tournée, j’espère que la jeune fille que j’étais est fière de moi et je souhaite sincèrement que la femme que je deviens n’en restera pas là.

Merci à Cynthia
Merci à Emma
Merci à Isabelle
Merci à Aurélie
Merci à ma Sistah
Merci à Mimil
Merci à Aurélie (oui y’en a deux)
Merci à Valérie
Merci à Harmony
Merci la vie!

Crédits photos: Serge Collana Photographies