Éducation positive

“Je ne veux que les bras de ma maman, de mon papa aussi, mais de ma maman surtout. Je veux la voir, partout, tout le temps, je ne veux pas qu’elle quitte mon champ de vision. sa disparition m’angoisse terriblement. Alors quand elle me dépose dans mon lit le soir, depuis quelques jours je hurle. Je hurle ma peur et ma peine de ne plus revoir mes parents, de rester seule dans ce lit et dans cette chambre pour longtemps. Je hurle pour que papa ou maman revienne et restent avec moi. J’ai si peur qu’ils ne soient plus là tout à l’heure ou demain matin. J’ai besoin d’être rassurée, de savoir que quelqu’un sera toujours là pour moi. J’ai besoin de leur voix, de leur chaleur, de leur peau. J’ai besoin du sein nourricier et réconfortant de ma maman. J’ai besoin des sourires confiants de mon papa. Je ne veux plus fermer les yeux pour dormir et risquer de ne plus les voir. Le soir il fait bien trop noir.”

Depuis quelques semaines, c’est compliqué pour notre petite chérie. 8 mois passés. Elle est dans les clous et le syndrome la touche de plein fouet. Au début je n’ai pas compris son changement d’attitudes et d’habitudes. J’ai d’abord mis ça sur le compte des dents, des changements de lieux avec les vacances… mais avec notre retour et la reprise du rythme, rien ne change.

Et puis comme à mon habitude, j’ai creusé le sujet et j’ai compris. L’”angoisse de séparation”, c’était pour nous, ça commençait maintenant. (je mets des guillemets car les dernières recherches mettent un bémol sur le terme). Je n’ai pas le souvenir de ce passage délicat avec ma première fille. Mais on a beau se le répéter, on ne peut que le constater: chaque enfant est différent et le contexte dans lequel ils grandissent l’est aussi forcément. Les angoisses de séparation peuvent apparaître plus tôt, dès 6 mois et à plusieurs reprises durant leur développement, à 2, 3 ou 5 ans. L’absence de la figure principale d’attachement est la source du mal être des petits, et quand bébé se rend compte qu’il est une personne à part entière, il a très peur de se retrouver seul, sans parent et le plus souvent sans maman (qui est, la plupart du temps, ZE figure d’attachement).

C’est donc avec étonnement que nous découvrons une autre petite fille, qui ne veut plus aller dans les bras d’autres personnes, qui pleure quand il y a un peu trop de monde autour d’elle, qui n’arrive plus à s’endormir sereinement, qui n’est plus si attachée à son doudou qu’avant. Elle n’en a plus vraiment voulu de cet objet transitionnel pendant nos vacances parce que tout ce qu’elle veut c’est nous et rien que nous pour la rassurer, la cajoler, la protéger de notre aura car au delà de nos bras elle se sent toute perdue et en danger. Elle se rend compte qu’elle est toute seule dans son petit corps et émotionnellement c’est compliqué, voire impossible à gérer.

Ça peut être très difficile à comprendre pour l’entourage. “Pourquoi tout d’un coup est-elle devenue si sauvage? Pourquoi sourit-elle dès que tu la prends dans tes bras, alors qu’avec nous ça ne marche pas? Elle est un peu comédienne!… Elle sait ce qu’elle veut!… Vous vous faites avoir!…”

Et bien ce n’est rien de tout ça. Elle reviendra vers vous, un jour, quand elle sera rassurée. Tout est normal, son petit cerveau se construit avec tout un tas de petites étapes fondamentales. Notre devoir de parent sera de répondre à ses besoins, le temps qu’elle comprenne que nous sommes là pour elle, le temps qu’elle prenne la confiance que nous avons à lui donner pour déployer ses petites ailes. Ce n’est pas en la forçant à aller dans d’autres bras pour faire plaisir et ce n’est pas en ignorant ses pleurs et ses peurs que nous feront d’elle une enfant confiante en ses parents, en ses congénères et en l’avenir.

D’accord. Mais si nous ne sommes pas des parents parfaitement parfaits? Comment on sait? Comment on fait? Je vous mentirais si je vous disais qu’elle n’a pas pleuré cinq minutes avant que je retourne la consoler. Parce qu’il vaut mieux parfois souffler, crier un gros mot dans le fond du cellier, se réciter trois “fais chier lutin de mordel de merde” en tournant sur soi-même que d’y retourner complètement inapte et énervé. Et quand il m’arrive de ne pas avoir la patience ni la force de répondre à ses appels diurnes et nocturnes, nous sommes deux pour le faire, deux parents responsables, deux parents partenaires!

Un parent n’est pas un être infaillible. Un parent fait au mieux. Et quand il cherche à savoir vraiment ce qui se passe dans la petite tête de son enfant, c’est un parent parfaitement gagnant!

 

 

 

Ce week end, elle virevoltait gaiement et fièrement dans son costume de wonderwoman. Et, c’est accompagnée d’une armée de princesses, de pirates et de supers-héros en doudounes, qu’elle est allée brûler ses bêtises de l’année sur un joyeux bûcher. Tous les enfants étaient mitigés entre la joie de détruire les mauvaises blagues et les gros […]

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