Éducation positive

Ce week end, elle virevoltait gaiement et fièrement dans son costume de wonderwoman. Et, c’est accompagnée d’une armée de princesses, de pirates et de supers-héros en doudounes, qu’elle est allée brûler ses bêtises de l’année sur un joyeux bûcher.

Tous les enfants étaient mitigés entre la joie de détruire les mauvaises blagues et les gros mots, la fascination des flammes qui dansaient devant le soleil de février et la tristesse de voir ce bonhomme carnaval, qui leur avait demandé tant d’heures de travail, partir en fumée.

La tradition en elle même est rigolote, l’allégorie moins… Ici les petits malaises on les gère au jour le jour. On n’attend pas le temps des beignets bien gras pour expier toutes nos conneries, comme si le feu provoquait l’oubli.

Ce que j’aime dans notre relation mère-fille, c’est cette confiance qu’elle m’accorde en me donnant comme des petits trésors, ses réflexions, ses anecdotes, ses petites histoires et ses traits d’esprit.

20180228_143320-01

Du haut de ses 6 ans et demi, elle a déjà son petit point de vue et son recul sur la vie. Elle viendra volontiers me glisser dans l’oreille les derniers gros mots appris.

« A toi, je te les dis, parce que je vais quand même pas les dire à mes copines, c’est pas gentil, c’est pas poli. »

Rien que pour ça, je suis fière de nous, je suis fière de moi. Fière qu’elle me dise des gros mots? Et oui! Parce que je sais où elle en est, et où j’en suis. Je sais qu’elle n’aura pas peur de me dire quoi que ce soit. Elle sait que je ne suis pas là pour la juger mais pour la comprendre, pour l’aider et pour l’aimer. Le principal c’est qu’elle sache qu’on n’utilise pas ces mots là pour faire du mal, et que, parfois, si des vilains mots échappent de la bouche de maman c’est qu’elle garde de mauvaises habitudes et que son thé était brûlant.

Je ne suis pas une mère parfaite et parfois elle me le dit.

« – Maman pourquoi tes chaussures à toi elles ne sont pas abîmées?

-Parce que je les mets très rarement celles-ci ma chérie alors on peut dire qu’elles sont neuves et qu’elles restent jolies.

-Tu ne les mets pas trop parce qu’elle te font mal aux pieds?

-Oui…

-Donc en fait, toi, tu mets juste des chaussures pour le plaisir, même si ça fait mal au pied! »

Et là , toisée de bas, par ses grands yeux, je me suis sentie démasquée. Et oui, les mamans ça fait des trucs pas très logiques. Ça achète de jolies chaussures immettables et ça rabâche sans cesse à ses lardons qu’il vaut mieux mettre des vêtements confortables.

Elle n’est pas dupe ma loutre. Elle sait bien que les mamans ne font pas toujours ce qu’il faut et que les gros mots c’est pas beau. N’est pas wonderwoman qui veut, mais pourtant, elle, avec son grand coeur et son petit caractère, elle mérite largement de virevolter dans son costume étincelant et de parsemer dans le salon, à qui mieux mieux, des milliers de paillettes bleues.

Signature