★Family Affair

C’est arrivé très vite, peut être trop vite après l’histoire de notre bulle. Mais la vie est ainsi faite, et elle a décidé de nous remettre vite en selle, pour ne pas rester plus longtemps sur cette défaite.

C’est ainsi qu’un matin, sans tambours ni trompettes, je suis revenue dans la chambre à coucher, après un bref passage aux toilettes, pour dire à Nino que le tourbillon de la vie s’était remis à tourner. Je mentirais si je te disais que j’ai sauté de joie. Égoïstement, je trouvais beaucoup trop difficile de faire renaitre notre joie de devenir parents aussi rapidement. La blessure était à peine refermée, le quotidien, serein, avait à peine repris son cours. La veille, j’avais même bu quelques coupes de champagne, ayant pour ces quelques jours de retard bien prononcés, un déni total!

Mais c’est comme ça, nos gamètes s’étaient de nouveau rencontrés. Nous n’avions pas voulu les mettre en sommeil, en se disant que de toute façon, nous verrions bien ou cela nous mène. En sachant que je ne suis pas la meuf la plus fertile de la terre, nous nous étions dit que cela serait sans doute plus une question de mois (voire d’années) que de semaines… C’était sans compter sur les facéties d’un univers complotiste et décidé à ne pas nous laisser nous ennuyer.

Une prise de sang, deux prise de sang. Je suis bien enceinte, le taux grimpe… comme il y a trois mois, alors je ne m’enflamme pas. Et puis quelques jours plus tard, c’est une nouvelle désillusion qui nous frappe, de couleur rouge sang. Je pleure à gros sanglots dans les bras de Nino, je maudis l’univers d’avoir replanté cette graine de joie dans nos têtes, pour nous la reprendre une nouvelle fois.

Le week end passe, j’ai rdv chez l’ostéo parce que depuis quelques mois mon coeur jouait du djembé, un peu plus qu’à l’accoutumée et malgré que le réconfort du médecin qui m’avait ausculté, l’angoisse avait fini par bloquer ma cage thoracique, je ne savais plus respirer (littéralement). Je lui raconte mes deux bulles. Il m’écoute, me rassure, me redonne un peu de souffle, il sent effectivement une tension dans mon ventre, il me manipule.

J’ai rendez vous quelques jours plus tard chez ma sage femme, lui expliquant notre nouvelle déception, que c’était encore un coup de pas de chance mais que nous l’acceptions. Elle m’examine et me parle d’un ectropion. Je la regarde d’un air interrogateur, le même que j’aurais fait si elle avait voulu m’exposer le principe de la fusion nucléaire au coeur d’un réacteur. Il faut refaire une prise de sang et programmer une échographie de datation. Merde, l’univers joue encore…la partie de poker menteur n’est pas terminée.

Le taux grimpe mais le fond de ma culotte est toujours plus maculée qu’immaculée. Je dois retourner à Metz poursuivre mon cursus en Psychologie Positive. La dernière fois que j’y suis allée, j’étais déjà en mode « Salut, comment ça va les copines? Oh moi ça va, je suis en train de faire une fausse couche! ». Je n’avais pas très envie de leur annoncer un bis repetita. J’ai patienté, je suis rentrée à la casa et nous avons re-patienté jusqu’à la date de l’échographie. Cette fois-ci il y a un poussin dans l’oeuf! Nous n’en saurons pas plus, il est bien trop tôt mais cette visite se révèle bien moins déprimante que la précédente. Amélie et Nino 1 – Univers 0.

Mes seins reprennent du volume, mon ventre aussi. J’ai un corps à mémoire de forme. Mon petit bidon se voit beaucoup trop vite dans mes robes crayons. Il est pourtant beaucoup trop tôt pour dire quoi que ce soit, à qui que ce soit.

Les odeurs de gel douche, de parfum, de déo et de lessive me rebutent au plus haut point. Je supplie presque Nino de ne se laver qu’à l’eau. La vision d’un morceau de chocolat noir me dégoute. Je veux du citron, sentir du citron, boire et manger du citron. J’aurai la « gerbonite » et des reflux gastriques pendant presque cinq mois (mais ça je ne le sais encore pas). Mon estomac m’en veut. Je mange, je mange pour essayer de l’apaiser et je prends du poids.

L’écho des 12SA, celle qui allait nous rassurer, arrive à grands pas. Depuis deux semaines j’ai comme de drôles de sensations. Je la sens cette petite vie au creux de moi. C’est beaucoup trop tôt mais quelque chose au fond de moi me dit qu’un lien se crée déjà. Et puis nous voyons à l’écran ce tout petit être qui bouge, qui bouge et l’échographiste qui a du mal à mesurer des tas de choses minuscules, dont une que son curseur surligne en rouge. Tout va bien! Sauf qu’il faudrait très rapidement faire la prise de sang pour le tri-test. Je n’avais pas encore prévu le rdv et nous étions la veille d’un week end, il faudra attendre la semaine prochaine. Je reprends le dossier… clarté nucale au dessus de la courbe. Mon coeur se brise en mille morceaux. J’explique de quoi il s’agit à Nino. Tout va bien pour le moment, effectivement, mais il y a un risque à contrôler. L’écho n’avait pas eu l’effet rassurant escompté. Quinze jours plus tard, le tri-test, basé sur des marqueurs sériques, des statistiques, sur mon âge et sur la mesure de la clarté nucale n’annoncera rien de bien funny non plus. Ma sage femme m’avait prévenu. Elle se voulait cependant pleine d’espoir. Je choisis donc comme méthode de dépistage de la trisomie ce qu’on appelle la DPNI. J’ai beaucoup de chance, l’hôpital le plus proche prend les frais en charge. Deux à trois semaines de patience, d’angoisse et de doutes à rajouter sur notre calendrier. La bonne nouvelle arrive enfin! Nous pouvons souffler et nous autoriser à annoncer la grande nouvelle à ma sept ans, qui regardait, l’oeil en coin, se transformer le corps de sa maman.

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Je peux déclarer de façon plus apaisée ma grossesse au travail. Nous commençons doucement à nous projeter. Quel bonheur de voir dans les yeux rieurs de mon Nino le plaisir qu’il prend à annoncer la nouvelle à notre famille, à nos amis, à rassurer nos parents… D’ailleurs les sensations que je ressentais depuis la fin du deuxième mois sont devenues bien plus concrètes. Je ne suis pas folle, notre petit bout de nous bouge, bouge tellement, comme pour rassérener le coeur de son papa et de sa maman.

… to be continued …

Cela faisait un peu partie du processus. Quand nous avons eu les clés de notre jolie casa, nous avons demandé à la belette de choisir une des deux chambres juxtaposant la notre, de prendre possession de celle dans laquelle elle pensait qu’elle se sentirait au mieux. Une fois son choix fait, nous nous sommes lancés, […]

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Le jeu de mot était facile et tellement tentant mais ça y est, on y est, ça fait 6 ans que je suis maman! Il me parait loin le temps des couches, des biberons et des pleurs. Qui eut cru qu’un si petit bébé de presque de 4kg100 deviendrait une si belle petite fille en […]

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