★Family Affair

J’avais du mal à y croire. Tellement de mal à y croire. Pourtant la joie sur les visages qui m’entouraient m’y a forcé et l’enthousiasme a alors pris le pas sur la discrétion et la raison gardée. Pourquoi pas nous? C’était chouette, c’est arrivé, il fallait en profiter. Alors bim, je me suis choisis un petit nuage pas trop haut et pas trop grand, mais un petit nuage quand même, pour me laisser flotter au pays des douces pensées.

Et puis, …

A l’image une petite bulle… transparente. Claire. Trop claire pour être vraie.
J’ai croisé le regard incrédule de mon amoureux. J’ai replié les petites images d’un futur rieur, fatigant et bordélique dans une de mes poches et je suis descendue de mon petit nuage moelleux.

J’avais compris tout de suite. J’ai cru être malchanceuse mais je ne connaissais pas les statistiques. J’étais passée à côté de cette information pas vraiment accessible, de ces chiffres pas aussi médiatisés que le pourcentage de rabais sur le Nutella chez Intermarché. J’en ai parlé avec une femme, puis deux, puis trois, qui semblaient éberluées que je puisse parler si librement d’un sujet, considéré comme peu approprié. Pourtant elles-mêmes, ou bien leurs mères, leurs soeurs, leurs amies ont connu la douleur de l’éclat d’une petite bulle sans vie ou inhabitée.

Pourquoi ce silence de plomb autour d’une chose si courante apparemment? Pourquoi ne pas informer les femmes sur ce que la nature pourrait décider? Pourquoi toujours se taire, garder pour soi et culpabiliser d’un phénomène qu’il faudrait à tout prix prendre en charge et simplement dédramatiser?

Alors contre le tabou je prends la parole, contre la fausse pudeur je prends la plume. Devant la souffrance tue par de nombreux couples, devant le traumatisme corporel et psychique vécu par d’innombrables femmes, je sors du rang.

 

1 femme sur 10 fait une fausse couche avant 8 SA

70% des oeufs fécondés avortent avant 6SA

1 femme sur 4 saigne au premier trimestre : 50% font une fausse couche

 

Ce qui me désole c’est d’avoir du courir faire des prises de sang, des échographies, trouver un rdv auprès d’un médecin agréé, prendre des médicaments pour déclencher cette fausse couche qui portait mal son nom de « spontanée », tout cela sur mon temps de travail, sans suivi, sans cohérence, ni mode d’emploi. Combien de femmes n’ont pas la force de pousser les portes, d’insister pour avoir un rdv, de poser des questions, de demander des explications? Combien d’entre elles saignent chez elles sans soutien, sans suivi? Combien se lèvent-elles pour aller au travail en serrant les dents, en retenant leur larmes, la culotte pleine de sang?

Je voudrais par ailleurs remercier ma sage femme qui a été d’un soutien et d’une écoute incomparable. Mon Nino qui m’a réchauffée le corps et le coeur. Ma Cynthia mille fois.

J’ai le cul bordé de nouilles d’être si bien entourée, pourtant je ne peux pas m’empêcher d’enrager face au mutisme forcé de tous ces couples qui se retrouvent, un jour, comme nous, à cause d’une désinformation totale sur le sujet, un peu désemparés.

Salut, je m’appelle Amélie, je suis une nana tout à fait normale, je suis tombée enceinte, il s’agissait d’un oeuf clair et j’ai fait une fausse couche spontanée.

Salut, je m’appelle Amélie, j’ai abrité une petite bulle dans mon corps et dans ma tête qui a éclatée.

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