J’ai choisi délibérément de poser cette question en titre, pour éveiller la curiosité des non initiés et en espérant ouvrir la discussion avec des naturistes chevronnés.

 
Il y a quelques semaines, j’ai de nouveau été conviée à découvrir deux lieux de vacances. J’aurais pu dire non. J’aurais pu réfléchir un peu. J’aurais pu mettre ce mail directement aux oubliettes. Mais j’ai accepté derechef! Une peu trop derechef d’ailleurs, parce que j’avais un naturismo-sceptique à la casa. L’occasion était trop belle pour moi, trop osée pour lui. J’ai donc fait ce que font toutes les personnes saines d’esprit, en cas de contrariété intense: j’ai boudé!
Alors Nino, à la vue de ma mine déconfite, il s’est dit que ça devait me tenir à coeur. Il s’est dit que peut être on pourrait tenter l’expérience. Il s’est dit que j’étais une tête-de-mûle-fais-tes-valises-on-s’en-va-mais-laisse-un-slip-au-fond-du-sac-au-cas-où-au-moins-pour-moi. (Je t’ai déjà dit que j’étais éperdument amoureuse de lui!)
Je n’avais aucune appréhension. J’avais bien lu les communiqués de presse qui m’avaient été envoyés. Je savais que les endroits étaient sécurisés et j’avais confiance en l’agence qui m’avait contactée pour le test. De ce côté, j’étais tout à fait zen. Nino moins.

 
Alors qu’est-ce qui m’a poussé à tomber le bas? Si tu ne connais pas le naturisme, tu n’auras retenu qu’une seule chose de mon aventure: « elle a passé un week end toute nue, au milieu d’autres gens tout nus ». Si tu connais le naturisme tu te seras dis « quelle chance, il faisait beau et l’endroit est magnifique, les sensations de liberté et de bien être devaient être incroyables, vive les vacances! », ou en version courte « whouhouuuu le kiffe! ».
De ma petite expérience en ces lieux, je peux t’affirmer qu’on ne devient pas naturiste. On se sent proche de la nature ou pas! Ici pas de complexes, pas de conditions sociales, pas de jugements. Tout le monde vit dans son plus simple appareil dans un environnement préservé où l’on peut apprécier de vivre simplement en tant qu’homme ou en tant que femme. C’est aussi simple que ça!
Chez moi je suis nue. Quand mon jardin était sans vis à vis j’y étais nue. Le confort, il passe par le retrait de tous ces trucs élastiqués, ceinturés et à bretelles que la convenance (et mon amour pour la mode 50’s) m’oblige à mettre en société. Une fois chez moi, le soir, quand je rentre, j’envoie tout valser. S’il fait froid je mets un truc bien ample mais le plaisir de ne retrouver que mon corps , sans le sentir comprimé dans quoi que ce soit, est un vrai soulagement. Nous sommes tous faits de chair et d’os, nous sommes tous beaucoup plus à l’aise et ouverts à la détente sans contraintes corporelles.
Mais le naturisme, ça va beaucoup plus loin que ça. Quand je te parlais de mon jardin sans vis à vis… c’était mon petit coin de paradis. L’herbe sous les pieds, les oiseaux qui chantent, l’odeur du blé qui murit, le vent chaud sur ma peau. Se sentir encore plus humain en revenant à l’essentiel, en revenant à nos besoins primaires: des fruits, de la pluie et du soleil!

Parce que l’essence même du naturisme se trouve là. Vivre comme un individu de l’espèce humaine dans son environnement naturel. Le bonheur d’un naturiste sera de retrouver des sensations qu’il est difficile de capter au quotidien. Cette liberté d’évoluer en étant juste soi, en profitant du moindre rayon de soleil, de la moindre brise, du moindre contact avec l’eau, le vent, la chaleur, sur la moindre parcelle de son corps, est pourtant l’expérience la plus simple pour l’humain et certainement la plus instinctive. C’est assez difficile à décrire avec des mots, et je ne cherche à convaincre personne, mais le naturisme est accessible à chaque individu n’ayant pas refoulé sa vraie nature.

Comme la liberté des uns s’arrêtent là où commence celles des autres, il est tout à fait approprié de s’essayer au naturisme dans ces lieux protégés, avant tout dédiés au bien être des vacanciers. La barrière, qu’on pourrait se fixer, avant de faire la démarche de réserver ses vacances dans un de ces endroits pour la première fois, est surtout mentale! L’idée de me mettre nue ne me posait pas de soucis, celle que l’on me matte le derrière sans vergogne et sans autorisation de ma part m’en posait carrément, et celle qu’une foule de gens nus puissent m’entourer et chercher à établir le contact avec moi me foutait une réelle pétoche. Mais je m’étais auto-conditionnée. Je voulais savoir, je voulais vivre pleinement l’expérience, sans à priori, et rien d’effrayant, de choquant ou d’infâme n’est arrivé.

Sur la route, Nino balisait un peu. Je cherchais donc à savoir s’il existait un petit guide du parfait naturiste pour ne pas arriver complètement ignares et passer pour les « p’tits nouveaux qui n’y connaissent rien et qui ne font rien comme il faut ». On nous a dit que ça les énervait un peu, ça, les naturistes, ce besoin des nouveaux pratiquants d’avoir à leur portée un guide ou un mode d’emploi… car pour eux, c’est naturel, c’est le savoir vivre et le savoir être en société mais à poil, c’est comme ça. Mais pour n’importe quelle activité que ce soit, les novices ont horreur de passer pour des novices et que ça se voit! J’ai donc lu les règlements des domaines qui nous accueillaient. Il faudrait respecter la nudité intégrale si on voulait avoir accès à toutes les activités. Ambiance tendue dans la mamanmobile… Et si ça ne nous plait pas, si on n’y arrive pas? Nino s’accroche à l’espoir qu’on lui laissera son slip, en arguant une allergie au soleil, qui se focaliserait uniquement sur les fesses. Je lui dis que ça ne passera pas.

Nous arrivons dans le premier lieu. Les gens de l’accueil sont sympathiques, souriants, bienveillants et… vêtus. Nous faisons tomber le masque dans la minute « C’est la première fois pour nous. Les vacances naturistes ça marche comment? ».  On nous rassure tout de suite, on nous explique le béaba: nudité à la piscine, paréo à l’épicerie et au resto et à convenances dans le reste du domaine selon notre aise, rien ne presse, c’est les vacances, on se détend! On nous déconseille fortement le bikini. Porter un bikini chez les naturistes c’est comme porter des chaussettes avec des claquettes à la fashion week: inconcevable! (par contre, chez les naturistes,  c’est assez probable) Bref, si on veut se faire des potes la minette à couvert, ça sera avec un paréo ou rien! Ok. C’est parti!

On nous présente notre hébergement et nous croisons les premiers vacanciers nus. Je fais comme si je n’avais rien vu. Aaaaaah! Mon Dieu ils sont nus! Pourquoi ils sont nus? …. Ah oui, c’est normal, tout va bien. Je mentirais si je vous disais que je n’avais pas fait de focus involontaire sous leur ceinture imaginaire. Mais je vous assure que passé cette première surprise visuelle, la nudité devient vite une banalité et les corps deviennent des êtres humains dans leur entièreté.

Promis nous n’avons pas croisé de chamans, de gourous, ni de grands sorciers. En fait les naturistes sont avant tout monsieur et madame tout le monde. La règle d’or est d’ailleurs de ne jamais avoir de curiosité au sujet de la condition sociale des vacanciers. Ici, dans nos simples appareils nous ne sommes plus fonctionnaires, ouvriers, chef d’entreprise ou banquiers. Et c’est un grand repos pour l’esprit de ne ressentir aucun préjugés = les vacances, les vraies!

Finalement, ce qui me faisait le plus peur n’aura été qu’une appréhension de quelques minutes pour Nino et pour moi. Mon amoureux ayant fait valser son poom poom short et son boxer DIM pour nous les hommes plus vite que son ombre, je me suis mise à égalité et notre premier séjour naturiste pouvait enfin commencer.

La gêne se dissipe très vite. Les vacanciers vaquent tous à leurs occupations et on se rend compte très vite que la nudité est un moyen d’accéder à la sérénité et pas une fin en soit. L’exhibitionnisme n’existe pas ici.

Le moyen le plus simple de se familiariser avec le naturisme est alors de laisser tous ses préjugés au placard et de venir expérimenter cette sérénité, de découvrir des lieux magnifiques, de passer des vacances respectueuses de l’environnement et des autres, de se détendre et de profiter des rayons du soleil ou de l’effleurement de l’eau sur toute la surface libérée de notre peau.

Question pilosité? Venez comme vous êtes! Perso, j’étais plus au stade kiwi qu’au stade abricot (mon rendez-vous chez la paysagiste datant de plus d’une semaine), mais je ne me suis pas attardée sur ce sujet pileux puisque qu’ici on ne se regarde pas dans l’Origine du monde mais dans les yeux. (Si tu ne connais pas l’Origine du monde, tape Courbet dans Google, mais pas Julien, je ne doute pas que Julien s’y connaisse en félins de tous poils, mais le pro du pubis c’est plutôt Gustave).

Si tu n’as pas eu le courage de lire mon petit traité sur le naturisme, je te laisse avec une chouette infographie qui résume bien mon humble avis. Si tu penses ne pas en avoir eu assez, j’ai encore des tas d’histoires et d’anecdotes à te raconter… (dans le prochain épisode on parlera d’un domaine paradisiaque et de sanitaires en plein air… oui oui!) #StayTuned

5 idées reçues sur le naturisme

 

https://www.france4naturisme.com/

Un grand merci à l’agence Hémisphère Sud et à France 4 Naturisme de m’avoir fait confiance pour vivre cette expérience.

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