Tu vois, Chouquette, ce n’est pas ce qu’on aurait pu appeler un nouveau né très tactile. C’est peut être du à ce peau à peau que nous n’avons jamais partagé (et après tu te dis « ah mais oui c’est ça que j’aurai du mettre dans mon projet de naissance, bordel! »). Moi je pensais que c’était systématique le peau à peau, que ça soit avec la maman ou avec le papa le cas échéant. Mais non, le peau à peau dans les maternités, apparemment, c’est comme les antibiotiques, c’est pas automatique.

Bref Chouquette, les bras elle kiffait juste si on se promenait, l’écharpe elle kiffait juste pour 15 secondes, l’allaitement elle a kiffé juste pour 3 mois et les poutous elle kiffait juste un par ci par là.

Mais moi j’avais besoin d’amoooooour, les bisous, les calins, j’en veux tous les jouuuuurs, j’suis comme ça! Ça me rendait vraiment chonchon cette histoire et puis finalement je me disais que c’était son caractère, qu’elle préférait s’entrainer à se retourner, à faire du quatre pattes, à marcher, à grimper partout plutôt que de se poser cinq minutes près de nous.

Elle ne s’est jamais endormie dans mes bras, quand je l’allaitais elle s’endormait sur le coussin d’allaitement, jamais sur moi directement. Ah si, une fois en fait, quand elle a attrapé une vilaine grippe et que la fièvre lui donnait la force d’un bulot sans anthrax, l’ingrate, c’est tout…

Tu la sens ma frustration de maman, hein? Il a fallu se rendre à l’évidence la chaleur des bras de ses parents, les moments calmes, la tendresse c’était vraiment pas sa came. Alors la complicité il a fallu la tisser autrement, par le jeu, le rire, la danse et les chansons… et ça va dans ce domaine j’suis pas en reste. Avec le papa leur truc pour passer un moment ensemble c’était de jouer à la bagarre, un p’tit mec dans un corps de princesse ma Chouquette.

Et puis elle a eu deux ans et peu après sa vilaine scarlatine, quasiment du jour au lendemain, son comportement a changé… A-t-elle vu à quel point nous avions eu peur, quand cette nuit là, la fièvre la faisait hurler, a-t-elle compris que nous l’aimions encore plus fort que les granola (pour moi) et les barbecue (pour son papa)? Toujours est-il que c’est à partir de ce moment là qu’elle a commencé à nous faire des bisous d’elle même, à répondre avec sincérité à nos « je t’aime », à demander à monter sur nos genoux, à prendre son pouce tout en se blottissant contre nous, à faire des câlins à d’autres personnes que son doudou.

Elle prend plaisir à rester quelques minutes (environ 2 minute 30, pas plus, faut pas abuser non plus) au calme, près de nous. On kiffe, notre petite fille n’est plus seulement colère, frustration, cris stridents et mouvements perpétuels, non elle est aussi calme et douceur. Et putain, qu’est-ce que c’est bon!

Il aura fallu attendre deux ans pour que le terrible two et son retour de bâton s’amène et pour que la tendresse et son retour de câlins nous comble.

Bref voilà, depuis quelque semaines je prends mes doses quotidiennes de calinous et ça fait un bien fou. Alors, toi le papa ou la maman en manque de poutous et de sniffage de petits cous, la situation n’est pas désespérée, toi aussi tu feras partie de la team « j’ai un gosse relou mais il me le rend mieux bien ». Big up!