Le plus dur à gérer émotionnellement quand on choisit, subit, éprouve (ne rayez pas la mention inutile) la garde alternée, c’est le manque bien entendu. On apprend à s’occuper l’esprit, à être une maman en veille comme je l’ai déjà écrit.

Mais ce manque il prend une autre dimension quand on mesure à quel point toutes les petites choses que vit notre enfant nous échappent totalement.

Il faut accepter l’idée que la moitié de son temps ne nous appartient plus. D’ailleurs son temps ne m’a jamais appartenu, mais je pense que la majorité des parents apprend et assimile cet état de fait beaucoup plus tard… genre quand la puberté passe par là et que ton môme snobe ton autorité, ta vigilance et ton champ de vision.

Moi, c’est maintenant qu’il faut que j’accepte que beaucoup de ses premières fois vont se passer loin de moi, de mes yeux, de mon âme, de mon instinct de maman. Les souvenirs que nous n’auront plus en commun se multiplient et cisaillent violemment ce cordon, qui aurait du se déliter, petit à petit, sous le poids des années.

 Et si on se disait que les première fois avaient une touche bis et qu’on ne les louperait plus?
J’aurai aimé l’accompagner à ce premier anniversaire auquel elle a été invité. J’étais tellement fière quand elle m’a ramené son petit carton d’invitation. Un petit bout de papier qui prouve qu’elle a des copines, qu’elle est appréciée, en bref, que ça roule pour elle dans sa petite laïfe de petite meuf. J’ai l’impression de pouvoir cocher « sociabilisation: check » sur ma to do list de l’éducation.
Des anniversaires il y en aura d’autres… et puis, elle me l’a raconté, avec encore des petites lueurs de bonheur dans les yeux. Ça aura suffit à étancher ma soif de bienveillance. Elle s’est amusée et c’est bien là le principal. Le reste ce n’est que la frustration d’une louve qui ne doit surtout pas l’atteindre et l’inquiéter. Je suis d’ailleurs bien consciente que les moments vécus en ma compagnie doivent engendrer la même frustration de l’autre côté.
C’est le prix de la parentalité coupée en deux. Un prix qu’on paye une semaine sur deux, diminuer par ses sourires, ses petits dessins, ses câlins, ses attentions et ses délires. Elle est le bonheur incarné et quand elle me manque, j’ai juste besoin de baisser les yeux vers mon poignet encré et enchainé.
 J’ai eu ce petit grigris personnalisé sur un site spécialisé dans les cadeaux de bapteme. Il y en a aussi pour les mamans et celui là, tout mimi et tout discret, ne quitte plus mon poignet ♥