J’aime quand un plan se déroule sans accroc. Devenir maman célibataire ça ne faisait pas vraiment partie du plan. Ça dénote même carrément. Y’a eu comme un bug dans le script de ma vie parfaite. 
Il a fallu en faire le deuil, de cette vie idéalisée. Il se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… je comprends à 32 ans pourquoi les auteurs de contes de fées sont restés aussi vagues sur les « happy end ». Le prince et la princesse s’éloignent dans leur carrosse, sans vraiment savoir vers où ils vont… le bonheur est anesthésiant.

Force est de constater que la vie n’est jamais toute tracée, qu’on peut tomber amoureux plusieurs fois, qu’on peut se planter plusieurs fois et que finalement nous sommes une majorité dans ce cas.

Les papillons dans le ventre ils sont aussi forts à 15, à 20 ou à 30 ans. Les passions naissantes, les premiers émois, il sont chauds, ils sont doux, ils permettent tout.

J’ai été la femme d’un seul homme de mes 18 à mes 31 ans. Je ne regrette rien. Je n’ai jamais voulu rien d’autre que ça. La normalitude c’est d’être mariée, d’avoir un taf, un gamin et une maison avec jardin. La normalitude c’est de faire abstraction de toutes ces choses qui nous uniformisent petit à petit. La normalitude c’est de faire croire à tout le monde que tout va bien parce qu’un jour, les yeux plein de promesses et d’espoir, on a signé, promis, juré et que repartir à zéro ça serait tout gâcher.

Me voir à travers le regard des autres, voir mon couple à travers le regard d’autres couples m’aura permis de comprendre, que cette normalitude que nous nous étions imposés, n’avait rien de normal. Non, on ne s’aimait pas. L’amour ce n’était pas ça. L’amour il n’était plus là.

Se retrouver célibataire, quand on n’y a jamais vraiment été, c’est réapprendre à séduire, réapprendre les codes homme/femme dans un contexte où finalement tout redevient possible. C’est étrange, grisant, intrigant. Ça fiche un peu les jetons aussi. 

On aurait presque l’imprudence de succomber aux compliments faciles. Ceux que, finalement, on n’a jamais eu. On s’amuse un peu, on lâche prise beaucoup, on se redécouvre femme dans les bras d’un autre homme. On se sent complètement soi et complétement différente à la fois. 

Être maman et avoir un cœur à prendre ça peut paraître romantico-funky quand on a envie de se mater un téléfilm en daube sur M6, par un après midi froid et pluvieux. Dans la vraie vie,  ça relève plus du cas sociologique… ouai, on est à deux doigts du cas social… je sais.

Pas que je le pense, non, mais c’est l’amer constat que j’en fais quand le regard des autres se posent sur ma situation. Je ne suis pas une poor poor girl in a poor poor world. Je suis juste une nana qui a fait le choix de donner à sa vie un sens qu’elle ne subira pas. Je suis maman de surcroit. Ça fait partie d’un tout, c’est comme ça.

À moi de me démener pour être heureuse, pour apporter à ma fille tout l’amour et la bienveillance qu’elle mérite. À moi de me confronter aux affres de la vie de célib’, de repousser les relous, de distinguer les agneaux des loups, de faire fi des rumeurs et des regards désapprobateurs. À moi de mener ma vie sans trop d’encombres, de profiter du meilleur et d’encaisser le pire. À moi de faire mentir les statistiques. À moi de prouver à ceux qui n’y croient pas que le bonheur on se le crée, on ne l’attend pas!