Ça pourrait être une fable très chouette ou alors un mauvais porno… j’hésite encore. Malheureusement ce n’est que ma triste réalité en ce moment. Figure toi, cher lecteur, que oui, moi, Amélie Epicétout, grande amatrice de bains moussants, de gommages, de soins et d’ablutions en tout genre, je suis SDF (Sans Douche Fixe) depuis deux semaines et demi maintenant.
Tout est venu de notre merveilleuse idée de rénover la salle de bain et de la magnifique infiltration d’eau qui commençait à gagner la pièce voisine. Il a fallu trouver un plombier, du carrelage, des meubles, une nouvelle baignoire… et un beau jour ils ont tout pété.

(ça c’est mon ancienne salle de bain)
Cette mésaventure ne devait durer que deux semaines maxi « promis juré craché, sur la tête de ma caisse à outils madame, en deux semaines c’est fini! Vous pourrez barbotez dans votre bain les doigts de pieds en éventails et votre mari vous fera un petit massage de la voute plantaire après vous avoir apporté un cocktail avec beaucoup de rhum dedans et un tout petit peu de jus de fruit! » J’ai signé les yeux fermés, sentant déjà la douceur de la mousse sur ma peau et n’entendant que le petit crépitement des bulles de savon.
#MEGAFAIL
Au début c’était plutôt sympa, le chef plombier avait ramené un autre jeune beau et supermiam plombier pour commencer les travaux. Alors je déconnais en me disant que « mince, je ne pourrai le reluker que pendant deux petites semaines… c’est trop nul ». Et puis, je ne sais pas si les dieux du siphon m’ont entendu (et m’ont cru), mais en fait, il est toujours là, lui et les autres, deux semaines et demi après. Les voix de la plomberie sont impénétrables…
Alors, rassure toi, je ne sens pas encore trop le moisi. J’ai la chance d’avoir implanté mon habitation principale pas trop loin de celle de mes darons. Mais bon, c’est franchement relou, déjà que les jours sont courts, si en plus faut prendre la bagnole pour aller prendre une douche, ça raccourci les minutes consacrées à bloguer mitonner des bons petits plats et à trainer sur facebook replier le linge.

« Monday!……
Tuesday!…..
Day after day,i slip away! »

Bref, en plus de me brosser les dents dans mon évier, de me faire mon brushing entre le four à micro ondes et le réfrigérateur (ce qui est plutôt rigolo en soit), il faut aussi que je cherche mes produits dans des cartons et des sacs entassés dans un coin de ma chambre. C’est juste l’horreur! J’en ai marre! Le matin c’est make up minimum, je prends le premier truc qui me passe sous la main, résultat, je mets quasiment la même couleur tous les jours… tu t’rends pas compte? non? t’es sûr? ha bon? Moi si, je vais décédé dans la banalité… #Bouhouhouuu
Mais ça, c’est pas le pire, non, non, non! Le pire c’est que tous les jours, après être passée par la case, boulot, nounou, douche chez papi/mamie, je dois faire le MENAGE!!! Parce que refaire les murs, découper du carrelage, de la faïence, faire des joints, des aller retours à l’extérieur ben ça fait une poussière de ouf!
J’ai l’impression qu’une sorte de malédiction se reproduit tous les soirs quand j’ouvre ma porte: un brouillard de poussière, mes meubles recouverts et le sol glissant. Mon aspirateur n’en peux plus d’avaler du plâtre et je n’en finis plus de laver mes micro-fibres qui saturent bien trop vite. Et cette pioute se faufile partout, partout! J’ai beau calfeutrer, mettre des plaids sur le canapé, on vit, on mange et on respire poussière en ce moment à la casa. Je pète un câble, je hais la saleté! (oui je suis zinzintophile du maquillage et du ménage).
Comment te dire que j’en ai ma claque, que quand il vient pour bosser seulement une petite heure ou deux dans la journée, j’ai juste envie de lui dire de me foutre la paix, que je fais la grève de la serpillère today. Viens une bonne fois pour toute bordel, branche moi ma douche et fais ton job, merde! (s’il te plait).
Ces travaux, on les aura attendu, on les aura voulu, on les aura bien vécu. Vivement que je puisse ranger tous mes petits trésors dans des tiroirs qui sentiront le neuf. Vivement que ma salle de bain ne soit plus peuplée de mecs trop habillés et tout poussiéreux. Vivement que je puisse y buller toute seule dans mon bain. Vivement que je ne touche plus à mon aspi, vivement que la poussière, même celle qui s’est planquée derrière les meubles et entre nos livres disparaissent. 
Je finirai avec un petit hommage à Dalida:
« Laissez moi m’doucherrrrr, laissez moi, laissez moi m’maquiller, m’épiler en liberté toute l’année!
Laissez moi m’coiffer, laissez moi, allez jusqu’au bout d’mon rêve! »