J’ai des horaires de bureau. Tu pourrais te dire que c’est cool, que je n’ai pas à me plaindre, tu ajouterais qu’en plus je bénéficie d’un temps partiel à 80%, alors pouet pouet camembert! C’est vrai… mais en bonne française qui se respecte, je vais quand même râler. Alors ton camembert tu peux aller te le faire affiner!
Mon mercredi il est précieux, un peu comme un petit paquet de cookies triple chocolat, un peu comme un bon d’achat chez Séphora. J’y tiens et je ne le lâcherai pas. C’est lui qui m’a permis d’échanger des moments de complicité irremplaçable avec ma fille, de tisser un lien de plus en plus fort entre nous, de profiter de ses jeux et de ses rires, de la voir grandir.
En première année de maternelle je sais que certains parents gardent les enfants chez eux pour la sieste, qu’ils ne les mettent pas à l’école toute la journée.
Moi, avec mes horaires tout bien comme il faut, je dois déposer ma petite fille de 3 ans et un mois à 8h à la garderie, la laisser à la cantine le midi, l’inscrire à ces fameux TAP de malheur et la récupérer à la garderie à 18h. 
J’ai donc fait le choix égoïste et anti-républicain (coucou Najat) de garder mon apprenante de petite section à la maison, près de moi, tous les mercredi…. histoire qu’elle se tape un bon dodo le matin, une bonne sieste non chronométrée l’après midi, et qu’elle puisse glandouiller un peu avec ses poupées ou profiter de son trampoline le reste de la journée.
Alors soit, c’est mon choix, je l’assume, je le vis bien. Qu’est-ce qui ne va donc pas? Qu’est-ce qu’elle a encore à ouvrir sa baille celle là?
Ce qui ne va pas c’est qu’à 18h, quand je vais chercher mon petit bout de moi à la garderie, ils ne sont plus bien nombreux à attendre leurs parents… un peu moins d’une dizaine sur la grosse centaine d’élèves que compte le village.
BAM! Grosse claque dans ta face! 
Tu fais de ton mieux, mais pour eux, à 3 ans, même avec toute la bonne volonté qu’ils ont, c’est dur d’attendre 18h alors qu’à 16h30 la majorité des copains repartent déjà aux bras de leurs parents.
Les premiers jours je me suis consolée en voyant la grande disponibilité des animatrices. Mais la garderie, ce n’est pas comme chez nounou, on se débrouille un peu tout seul et puis il y a des grands avec leurs jeux de grands. C’est plus une cour de récré qu’un coin douillet de canapé où on peut noner son doudou, de façon reposée, sur une paire de genoux bien disposés.
Vendredi dernier fut le coup de grâce. 18h pétante, c’est le week end, j’ai la banane jusqu’aux oreilles. Je vais aller chercher mon petit coeur, ensuite l’Homme rentrera à la maison, on commandera les pizzas, et après, ça ne sera que du bonheur.
Une fois la porte de la garderie passée j’entends « voilà la dernière maman! ». Un pas de plus et je vois ma Chouquette jouer seule dans la salle.
Coupe de poignard dans mon coeur et dans mes tripes.
Je prends mon bébé dans les bras, son sac, je dis au revoir poliment. En sortant, je lui demande: « Tu étais toute seule? » Elle me répond: « Oui, ils sont tous rentrés ».
 Elle était toute seule.
Je l’installe dans le siège auto, je claque ma portière, regarde son petit minois dans le rétro et je chiale un bon coup.
Putain, c’est MOI la dernière maman!