Je t’ai déjà parlé de mon aversion pour les araignées et la force que ma nouvelle condition de maman m’a donné pour les affronter.

Aujourd’hui je vais te raconter l’histoire d’une sale bestiole.

Notre maison est plutôt agréable à vivre, nous avons tout ce qu’il nous faut et on fait tout pour que notre petite Chouquette, cette ingrate, aie une vie « youhou super géniale maman ». Bien sûr, pour nous, comme pour tout le monde, c’est un peu chaud patate en fin de mois, mais vraiment, je pense qu’on fait partie de la catégorie des chanceux.

Mais une vie bien remplie n’est pas une vie sans son lot d’ennuis. Chacun traine son boulet, nous on vit avec le notre, une saleté d’araignée derrière notre placard.

Elle est planquée là, elle squatte nos vies, on ne peut pas la déloger, à chaque coup d’aspirateur, elle se faufile encore plus loin dans le noir.

Mais cette araignée, elle ne me fait pas peur. Elle croit tout voir et tout savoir, tout connaitre de nos journées. Mais elle n’aperçoit que des petites bribes de nous, à travers une fenêtre étroite. Elle pense pouvoir jouer de tout ce qui se trouve à sa portée. Elle essaie parfois de se rappeler à notre bon souvenir, tard le soir, quand le noir lui permet de sortir une ou deux pattes. A chaque fois je suis surprise (réflexe d’une trouillarde), mais dès qu’on bouge un orteil, elle se planque de nouveau vite fait. En fait, je n’ai pas peur et elle, elle, est morte de trouille. Je rigole.

Toutes ces tentatives désespérées pour tenter de nous effrayer, me font rire, me font pitié. Car cette araignée, à l’apparence monstrueuse ne représente pour moi et ma famille aucun danger. Elle nous fait juste chier.

Toi l’araignée, sache que tu es condamnée, à vivre dans la solitude et l’obscurité, que contre moi et ma hargne, tu ne pourras jamais gagner. Je t’ai peut être parue fragile et apeurée, mais tu t’es planté. Alors amuse toi de nous tant qu’il te plaira, fais toi plaisir, je le vois bien, ton aigreur grandit au fur et à mesure que nous étalons notre bonheur.

Pour moi tu n’es qu’une araignée, rien de plus ni de moins, tu vis derrière notre placard, tu y resteras surement, mais si un jour, dans un courage irraisonné, tu sortais de ta cachette pour nous asséner une ultime menace infondée… sache qu’on sera là, ma vieille savate et moi pour t’écrabouiller.

Je terminerai cette spéciale dédicace avec la phrase d’un grand philosophe nommé John MacClane:

« Yippee-ki-yay pauv’ con! »