L’envie d’avoir un bébé ça te prend un peu comme une envie de bouloter un kinder bueno, une envie irrépressible qui vient d’un coup et pour laquelle tu serais prête à tuer. Tu me diras que pour le kinder, c’est fastoche y’a qu’à aller à la superette ou au distributeur du coin…avec un peu de chance Tsonga il sera là, il mettra direct la piecette dans la fente et bingo la machine elle te dépotera un bueno (métaphore hyper distinguée inside)

Pour faire un bébé ça sera plus ou moins compliqué et plus ou moins long… déjà il faudra convaincre ton mec qu’avoir un p’tit être qui braille, qui dépense le PIB du Bangladesh en Pampers et qui va mettre entre parenthèses votre vie sexuelle, c’est super choupi, que ça fera de magnifiques photos dans l’album de famille et qu’il en sera hyper fier.

Il y aura des chanceuses pour qui la première sera la bonne…enfin, « des chanceuses » c’est vite dit parce que quand tu ne t’attends pas à ce que ça arrive si vite, tu dois avoir une petite flippe passagère voire une méga crise de panique.

Il y aura celles pour qui ça prendra quelques mois, qui commenceront à s’impatienter, à penser cycles, courbes de températures, ovulation… La spontanéité se perdra un peu, l’envie de bébé deviendra un peu plus cérébrale…Malheureusement, pour elles, y’aura cette pouf de Claire de chez Clearblue qui sera là pour les aider (non, Claire je ne t’aime pas beaucoup beaucoup).

Et… il y aura celles pour qui ça se comptera en années. T’auras vite compris que je fais partie de cette troisième catégorie, celle où on parle de stimulation, de spermogramme, d’hystérosalpingographie (ouai ça doit valoir des points au scrabble) voire de PMA, d’IAC ou de FIV. Les trois derniers sigles qui se veulent super hypes et à la pointe de la technologie c’est clairement pas les plus sympas.

Mais quelque soit le temps passé entre l’arrêt de la pilule et un test positif, ça te semblera durer une éternité.

Pour moi ça aura été les deux plus longues années de ma vie même si je suis bien consciente de ne pas faire partie des plus poissardes (moi je me suis arrêtée à la case stimulation). En deux ans pourtant j’aurai eu le temps de connaitre ce vide, ce vide qui te tord le bide, ce vide qui ne te fait sentir que la moitié d’une femme, ce vide qui te bouffe de l’intérieur. Certaines penseront que c’est un peu naze de réduire mon statut de femme à mon utérus et je leur répondrai que oui c’est super naze, tellement naze que j’en ai chouiner des litres de ce sentiment de ne pas me sentir entière.

Chaque cycle qui recommençait était une torture…il ne m’aura pas fallu du courage, il m’aura fallu de la patience! Le truc qu’on a plus, le truc qu’on a un peu perdu dans notre société 2.0. Cette période elle m’aura quand même appris la détermination, elle m’aura aussi appris à
mettre ma dignité ailleurs que dans mon slip, et à
surmonter ma trouille des aiguilles…Bref du temps de perdu et du plomb dans la cervelle de gagné.

Alors loin de moi l’idée de te faire pleurnicher sur mon sort et encore plus loin de moi l’idée de cracher mon bonheur à la tête de celles qui attendent encore…ce billet c’est juste pour  partager mon ressenti,  pour soutenir les copines dans l’attente et pour qu’elles sachent que même une fois le poulet sorti du four on n’oublie pas qu’on en a chié sa race…

Putain être une meuf c’est quand même pas tous les jours easy!