Il parait que c’est ce que nous voulions, l’égalité, le droit de travailler, brûler nos soutiens-gorge et donner des biberons, parce que c’est le B.A.-ba de la femme libre et libérée.

Parce que bon le rôle de la boniche qui pondait des chiards entre ses quatre murs on en avait marre. On est devenues féministes pour faire comme les hommes, pour être considérées.

En gros, une nana qui lutte pour le droit des femmes, elle veut se débarrasser du carcan que des siècles de paternalisme ont cloué sur son dos, elle n’a pas envie de pouponner pendant que le monde se construit sans elle. En vrai, le féminisme a été mis en lumière par les plus radicales et les plus virulentes d’entre nous. Mais en vrai, le féminisme, sans exception, c’est nous.

Donc je vous propose qu’on en finisse avec les clichés sur le féminisme. Ce n’est pas un gros mot. Le féminisme c’est juste faire valoir ses droits de femmes dans un monde où elles ont été (et sont encore) trop souvent placées à un rang inférieur à celui des hommes. Être féministe c’est juste vouloir être humaine au même titre que les humains, point.

En partant de ce postulat, on se rend bien compte que tout ce qui fait une femme ne saurait aller à l’encontre de sa liberté. Et qu’on choisisse de devenir mère ou pas, cela ne remet aucunement en cause notre volonté à faire respecter nos droits. Prendre la pilule c’est féministe et allaiter c’est féministe aussi.

Être maternante ce n’est donc pas retourner à la sacro-sainte époque du “les hommes au charbon, les femmes à la maison”. Le maternage c’est respecter la vie, respecter l’être humain dans son entièreté, respecter les mécanismes qui nous permettent d’accompagner nos petits jusqu’à leur autonomie. Le soucis n’est pas tant le maternage que l’inadaptation de la société à notre condition de mère. La maman et ses enfants ne sont pas du tout inclus dans le monde actif… tout du moins dans notre civilisation, parce que dans certaines, cela coule de source. Nos enfants ne sont pas nos geôliers, ils sont notre avenir.

Le droit des femmes est celui d’allaiter, d’accompagner, de porter, d’établir les liens d’attachement nécessaires au bon développement psychique, émotionnel et moteur de leurs enfants. Le droit des enfants est celui d’avoir des parents disponibles pour cet accompagnement. Le droit de l’être humain est d’être accompagné de ses 0 à ses 3 ans de la façon la plus naturelle qui soit pour devenir un adulte autonome, empathique et heureux.

C’est en incluant les mères, les pères et les enfants dans toutes nos activités que l’égalité deviendra possible.

Oui on peut être féministe et maternante, il suffit juste de donner un sens à nos actes. Qu’on choisisse de reprendre le travail ou non, qu’on choisisse un mode de garde plutôt qu’un autre, il n’y a pas de mauvais choix, il y a ceux que l’on fait pour le bien être de nos familles tant que l’idéal n’existera pas.