On me l’avait bien dit, il y a quelques mois, quand à ce moment là son papa était persona non grata à la casa. Je savais que ça arriverait un jour mais je ne pensais pas que notre Chouquette prendrait si rapidement un virage à 180°.
En une petite quinzaine de jour, papa est devenu l’objet de toutes ses préoccupations…
Le soir, si papa n’est pas encore arrivé à la maison, alors que nous revenons de chez nounou, c’est le drame… mais un drame niveau apocalypse, ni plus ni moins. De l’arrière, elle arrive à observer la route en regardant entre l’appuie tête et le dossier du siège avant. Dès que nous tournons dans notre rue, si elle ne voit pas la voiture du patriarche garée devant la casa, le ciel lui tombe littéralement sur la tête. Elle pleure, elle crie de déchirants « papaaaaaaaaaa! » entre deux sanglots. C’est la déception… Je mets, chaque soir, quelques minutes à la rassurer en lui répétant qu’il ne va pas tarder. Sauf qu’il tarde (l’Homme et son taf c’est aussi une grande histoire d’amour) et que mes soirées se résume à cette petite phrase, à chaque fois qu’une voiture passe devant la maison, « c’est papa ké rentré? ».
Et quand enfin il passe le pas de la porte, c’est la fête, la méga fête… il est là son « papounette »!
Oui, « papounette » c’est le petit surnom qu’elle lui a trouvé, toute seule comme une grande. C’est d’ailleurs à partir du moment où on a commencé à entendre ce mot sortir de sa bouche qu’on s’est dit que quelque chose avait vraiment changé. Moi je ne suis pas sa mamounette, je suis restée maman.
Et quand vient le mercredi et qu’elle me demande si aujourd’hui on va chez nounou et que je lui dit que non, que pour la journée elle restera avec maman, la réplique ne se fait pas attendre:
« – Et avec papa?
 – Non ma chérie, le mercredi papa il travaille
 – Pffff c’est nul! » 
Et le soir quand elle ne veut (encore et toujours) pas dormir et que son père tente une ultime négociation à 23h
« Papa moi che veux faire dodo avec toi!
– Et maman elle va dormir où?
– Dans mon lit à moi! »
Oedipe on ne l’attendait pas si vite mais finalement il est bel et bien là. Si maman hausse le ton c’est vers papa qu’elle se réfugiera. Je passe de super maman à maman… ça fait bizarre mais ce n’est pas si désagréable que ça.
Avoir quelques minutes à moi, ne plus être le centre de toutes ses préoccupations, ne plus entendre seulement « mamaaan! »  mais « papaaaa! » aussi, ça a du bon. 
Et pour les câlins rien ne changent, avant elle était jalouse de son papa quand il s’approchait trop de moi et maintenant elle est jalouse de sa maman quand je m’approche trop près de lui… Résultat : elle se retrouve toujours au milieu de nous deux pour qu’on fasse un méga câlin tous les trois.
L’Homme a le coeur rempli de fierté, jamais il n’a eu autant d’éloge pour sa petite poupée. Il rattrape un peu le retard, il profite à fond de toutes les petites attentions qu’elle lui accorde enfin.
Papounette is in da place! 
(et il n’est pas prêt de la laisser)