Depuis trois semaines, Chouquette n’est plus la même petite fille.

Ça a commencé par des petites questions qui finissent toujours par les mêmes mots: « quand j’étais bébé? »

« C’était à moi ça maman, quand j’étais bébé? »
« Il est où mon lit quand j’étais bébé? »
« Y sont  où les photos quand j’étais bébé? »

Et puis il y a ce truc qui nous énerve mais auquel elle semble s’accrocher: elle prend désormais une petite voix de dessin animé… elle fait mine de parler comme un bébé. Ouh, ce que ça m’agace! Elle prend bien soin de ne plus articuler et de ne plus construire ses phrases comme elle savait si bien le faire. On assiste, incrédules, à son petit bond en arrière.
Elle est devenue très pot de glue avec nous. Elle panique dès que papa ou maman manque à l’appel. Elle veut beaucoup de câlins, redevient plus proche de moi et délaisse un peu son papounette d’amour, celui dont elle ne se passait plus il y a quelques jours. Dès qu’on fait les gros yeux, qu’on la met à la sieste ou à l’heure de se coucher; elle se met à pleurer. Ma petite monstresse a laissé au placard son caractère bien trempé.
Elle ne veut plus rien faire seule, elle nous dit que c’est « trop dur ». Tout ce dont nous étions si fiers, elle s’applique à nous le faire oublier. C’est comme si elle ne voulait plus être une grande de 3 ans.
Et je la comprends ma Chouquette. Tous ces gens bien attentionnés qu’elle croise et qui lui rappellent à chaque instant que l’école c’est bientôt, que maintenant elle sera avec les grands, qu’il va falloir être sage, écouter la maitresse et bien travailler, qu’il faudra aller à la cantine, qu’elle va jouer avec les copains à la garderie, qu’il faudra bien faire la sieste l’après midi, qu’elle ne pourra pas garder doudou près d’elle toute la journée, que maman ne viendra que le soir la chercher… Ça fait beaucoup de chose à assimiler dans une petite tête de Chouquette.
L’air de rien, sous ces petits mots qui se veulent gentils et prévenants, sous ces banalités entre amis, entre voisins et en famille, la pression monte et monte sous ses bouclettes.
On tente tant bien que mal de la rassurer, mais je crois finalement que les parents sont peut être les plus maladroits à ce jeu là. Comment la préparer, comment lui expliquer, comment la jeter dans le grand bain sans lui en parler? Et je me surprends encore à lui dire: « Arrête de parler comme un bébé car la maitresse ne te comprendra pas! » Allez maman, remets une petite couche de patate sur la purée!
Ma petite cocotte minute à couettes va bientôt exploser…
On a lu des petits livres sur la rentrée et coller des autocollants fort jolis et colorés. Elle a mis des images sur des mots et je l’ai senti un peu apaisée. Elle me dit que la récré c’est bien, et qu’elle veut y aller ( ♥ )
Je sais que ces phases de régressions sont des passages obligés avant de repartir du bon pied. Je n’étais pas particulièrement pressée, mais finalement, pour son bien, j’ai hâte d’être à demain, de désamorcer cette petite bombe qu’est la rentrée. On est un peu triste de les voir grandir mais on l’est encore plus de les voir se le refuser.
Tu as le droit de grandir ma petite poupée, tu verras c’est super cool la récré!