Il y a des passades, des phases, des périodes, des moments, quelques jours ou quelques semaines où son papa, il est un peu de trop.
Elle ne veut plus de ses bisous, pas de ses câlins, elle ne veut plus jouer à la bagarre avec lui, elle ne veut pas lui parler, elle ne veut rien lui demander.
Et ces instants là, ils sont particulièrement pénibles à vivre, pour l’Homme qui souffre d’être incessamment repoussé et pour moi qui suis sollicitée pour tout et n’importe quoi.
Plus que les actes, à son habitude, la Chouquette sait trouver les mots qui font mal, ceux qui blessent. Heureusement nous sommes adultes, et pourtant, pas facile de prendre du recul.
Après plusieurs jours privé de son bisous et de son câlin de bienvenue, l’Homme a voulu en savoir un peu plus… (après il s’est dit qu’il aurait peut être du s’abstenir). Profitant du moment suivant l’histoire du soir (lue par maman, oeuf corse) il est venue dans sa chambre et lui a demandé si quelque chose n’allait pas. Il lui a simplement dit que papa était un peu triste de ne plus avoir de bisous. Elle lui a répondu texto: « Papa sors de la chambre! Va sur le canapé, j’ai pas besoin des bisous! Ici c’est pour les petites filles ».
Voilà, voilà, un coup de poignard en plein coeur ne lui aurai pas fait plus mal. Sur le coup, nous avons quand même réprimé un petit rire nerveux parce qu’elle a sorti sa tirade avec un tel sérieux et une telle assurance, avec ses airs de cheftaine, que nous sommes restés un peu scotchés.
Et pourquoi? Comment? Quoi faire? Rien… ça passera. Dimanche soir, son papa est revenu après deux jours d’absence, elle n’a pas voulu de bisous mais elle a voulu jouer aux « tocollants » avec lui, elle lui a fait une prise de karaté/câlin, elle lui a montré son nouveau livre sur les comptines… on dirait que cette phase se finit. A quand la prochaine?