Oui, on dit « chez le coiffeur »! Je l’écris, mais en réalité, ce matin j’ai emmené Chouquette « au » coiffeur. Et de l’emmener jusque là bas, ça n’a pas été de la tarte, crois moi.
J’avais déjà du prendre la lourde résolution de fixer un rendez vous, chez ma coiffeuse, celle à qui je fais confiance pour mes tifs, et, par extension capillaire, à ceux de ma fille.
Ma fille, mon bébé, ma Raiponce version brunette, à qui je n’ai jamais osé couper ses jolies longueurs bouclées… Plus petite, je lui coupais un peu la frange, quand le courage me prenait et que les mèches l’aveuglaient. Une fois, une seule et dernière fois, son père l’a fait… depuis, tous les ciseaux de la maisonnée sont sous clés.
Il y a quelques semaines, je me suis payé le luxe d’un petit rafraichissement toufesque. En discutant avec ma coiffeuse, de la rentrée qui approchait, de ma nature de cheveux, de celle de ma Chouquette et de ses pointes qui deviennent de plus en plus abimées et qui deviennent un vrai calvaire à démêler (malgré les potions magiques appliquées), j’ai franchi le pas. Le mardi précédent la rentrée, c’était décidé, 11h sonnerait le glas des cheveux fourchus et pointes desséchées sur la tête de ma jolie poupée.
Que j’ai le cran de me faire à cette idée (n.d.l.r. l’idée qu’on couperait ses cheveux de bébé, que dans une semaine c’est vraiment la rentrée et que donc elle n’est plus un bébé C.Q.F.D.) fut une grande chose, mais que Chouquette l’approuve en fut une autre… et de taille.
« Je vé pas ché le coiffeur moi! »(oui ma fille parle beaucoup mieux le français que sa mère)
On en a parlé la semaine d’avant, on en a parlé la veille… Le matin même, le non était toujours aussi catégorique. Quand elle a commencé à trainouiller pour se préparer, j’ai senti l’embrouille. Quand elle a commencé à ranger sa chambre et à me dire « non je m’habille pas, je range mé jouets! »… j’ai regardé l’Homme et je lui ai adressé ses deux mots, le regard emplie de panique: ça pue!
J’ai réussi à négocier la phase habillage sans trop de soucis… la phase démêlage pré-shampooing (une maman avertie en vaut douze) fut plus compliquée à base de « je veux pas! » « je veux pas! (bis) » « je vé pas ché le coiffeur! » « cé maman qui va coupé ses cheveux, cé pas moi! » « laisse moi tranquille! » « aïeuuuuu! ».
Au moment de monter dans la voiture, elle tente le tout pour le tout:
« On va pas ché le coiffeur hein?
– Ah bon, mais on va où alors ma Chouquette?
– Au restaurant!!! »
Mais comme c’était trop tôt pour les knackis, nous avons quand même pris la direction du salon. Ce qui ne l’a pas empêché de me faire remarquer, qu’on pourrait aller faire des courses à la place, ou que, oh tiens, on pourrait aller au Quick pour manger des frites #VentreSurPattes
Une fois arrivées, elle me dit une dernière fois qu’elle ne veut pas y aller. Je lui montre la devanture depuis la voiture. Je prends mon plus beau sourire de maman qui se veut rassurante mais qui commence sérieusement à s’impatienter et je lui demande: « Alors, on y va? » Stupeur et stupeur, elle me répond: « Oui, allez, c’est parti! » Je crois que je sors de la voiture et que je la détache en 12 secondes chrono, de peur qu’elle ne change d’avis.
Bien sûr, une fois dans le salon, la piplette se transforme en Joconde. Muette et avec un petit sourire énigmatique, elle se laisse faire et n’objectera même pas à l’écoute du mot « shampooing ». Elle m’avouera une fois rentrée que le shampooing c’est drôlement mieux chez la coiffeuse qu’avec maman #PrendÇaDansLesDents. Elle ne bouge pas, va là où on lui demande d’aller, ne prononce absolument aucun mot et ne fait même pas la grimace quand ça tire un petit peu. J’en ai la mâchoire qui traine par terre et les yeux exorbités: Où est ma Chouquette?
(j’ai pris des photos tellement c’était unbelievable)
Une fois l’œuvre de la coiffeuse terminé, la miss fait la belle devant le miroir, prend un bonbon dans le petit panier qu’on lui tend et dit merci. Je suis scotchée… Chouquette a carrément kiffé!  
Nous sommes donc rentrées à la casa, pour raconter, avec fierté, à l’Homme ce nouvel exploit. Mais au lieu de se réjouir, le papa se renfrogna, quand il comprit qu’en coiffeur, maintenant, entre Chouquette et sa maman, ça lui couterait un bras.
The end.
(petit souvenir ♥)