Je pense que tous les parents y ont été ou y seront confrontés un jour. La socialisation de nos mini-nous passe par la vie en collectivité et tout ce que ça implique.
Chez nounou, à la crèche, à l’école, face à leur petits homologues, nos monstres sont en plein apprentissage de la vie. Il leur faut apprendre à partager, à donner, à recevoir, à jouer ensemble, à attendre leur tour, à faire des concessions, à faire leur petite place dans ce monde de foufou.
Et apprendre tout ça, ça demande du temps, ça cause des frustrations, des désillusions et beaucoup d’incompréhension. En période de terrible two, le simple fait qu’il n’y ai qu’un seul ballon rouge pour deux enfants est susceptible de déclencher un cataclysme… même si à coté il y en avait un jaune et un vert… (Nota Bene: la déco de fête monochrome économise vos tympans)
Dans ces cas là les contrariétés de nos greffons doivent être exprimées, le problème c’est qu’elle peuvent prendre différentes formes comme des « t’es pas belle maman » ou des coups. Quand on n’a plus les mots, on tape…
Avec Chouquette on a déjà essuyé quelques phases où elle faisait mine de nous taper quand elle se mettait en colère… et quelques périodes où elle passait vraiment à l’acte. On l’a toujours reprise en lui disant bien que *attention discours digne de Miss Univers* taper ça fait mal donc c’est méchant et c’est interdit. Oui c’est cul-cul mais il faut bien commencer par le commencement.
Je lui ai aussi plusieurs fois proposé, en cas de grosse colère, de taper dans un coussin ou de jeter ses peluches par terre. Je lui ai dit que ça, ce n’était pas grave et qu’on rangerait toute les deux après. Parce qu’après tout il faut bien qu’elle s’évacue sainement cette colère, ça serait encore pire de la réfréner. [Le saviez vous: il ne faut en aucun cas mouiller ou faire manger un enfant qui a réprimé sa colère après minuit]
Il y a quelques semaines, elle avait pincé sa petite camarade de jeu chez la nounou. Super-Nounou a su trouver les mots (il faut le savoir: les siens ont toujours plus d’impacts que les nôtres, c’est injuste mais c’est comme ça) et on en a reparlé le soir à la maison pour savoir le pourquoi du comment. Elle n’a jamais recommencé.
Cette semaine elle s’en est repris à sa copine. Nouvelle discussion avec Super-Nounou qui cette fois n’a pas trouvé la cause de la discorde. Le soir, à mon retour du travail on a essayé de percer le mystère toutes ensembles. Chouquette, les larmes aux bords des yeux, lâche un « nounou a pas l’aidé! ». Et là, Super Nounou comprend. Le midi elle avait du aider la copine a manger car elle en avait un peu renversé. Chouquette a pris très mal le fait que la nounou aide sa bestah et pas elle, qui y arrivait toute seule. C’était donc une sombre, sombre histoire de jalousie pour deux cuillerées de riz. On lui a donc expliqué que d’habitude la copine mangeait aussi toute seule mais que là elle avait eu besoin d’aide. 
Le soir, avec l’Homme, on lui a ressorti le couplet sur « taper c’est mal » et on a aussi beaucoup insisté sur le fait qu’on était fiers qu’elle mange toute seule comme une grande et que si les copains n’y arrivaient pas, qu’elle pouvait aussi les aider. Et surtout que le jour où elle aurait besoin qu’on l’aide, nounou et les copains seront là. Le lendemain il n’y a eu aucun incident à déplorer.
C’est toujours un peu délicat de se dire que nos enfants puissent faire du mal à d’autres. Bien sûr il n’y a pas toujours d’explications compréhensibles par les adultes à un accès de violence mais je reste persuadée qu’il y a toujours une raison et qu’il faut se forcer à la trouver.
Faire la morale c’est nécessaire mais ce n’est pas suffisant, se voiler la face non plus. Nous sommes loin d’être des anges et d’avoir engendrer des agneaux. C’est à nous de les aider à respecter les autres et à se faire respecter. On doit accepter nos erreurs, comprendre nos failles de parents et se remettre sans cesse en question (sans que ça tourne non plus à l’obsession) mais surtout il ne faut pas laisser couler. 
Une petite tape, une chamaillerie entre enfant, ça peut sembler peu de chose, mais c’est surtout une manière pour eux de nous interpeller. Nos petites bombes peuvent très vite être désamorcées, même si la solution n’est pas toujours facile à trouver.
Bon courage parents démineurs!