J’aime lire les récits d’accouchement #ConfessionIntime
J’aime lire les récits d’accouchement. Les plus idylliques pour me dire que ça peut aussi être merveilleux, les plus classiques pour me dire que ça peut aussi être simple et les plus difficiles parce que la vie reste une pute même jolie. Je ne t’ai pourtant jamais raconté le mien… et je crois que ça ne sera pas encore pour aujourd’hui, même si l’anniversaire de ma Chouquette m’y replonge irrémédiablement.
Je ne le raconte pas parce que je ne saurai pas le faire, que 3 ans après je n’ai pas encore le recul nécessaire, que j’ai surement oublié moults détails et que ça n’aurait surement plus grand intérêt. Je ne le raconterai pas parce que je ne veux pas lire que je suis courageuse alors que d’autres ont eu beaucoup plus de courage que moi et ne sont plus là. Pour faire simple on va résumer mon accouchement en trois mots: longeur, douleur, bonheur.
Finalement on n’en retiendra que le bonheur puisqu’il suffira a effacer tout ce qui aura pu se passer avant.
Il y a trois ans, le premier soir du reste de ma vie, je me suis retrouvée seule, dans cette grande chambre de la clinique, avec ma petite étrangère. Je la connaissais si bien et pourtant je ne la reconnaissais pas vraiment. A ce moment précis j’ai senti un énorme poids sur mes épaules: celui de la responsabilité. J’ai refusé de la laisser aux auxiliaires puéricultrices pour la nuit malgré les épreuves de la veille, de la nuit et du jour (mon premier c’est longueur). 
Je l’avais voulu, je l’avais attendu, je devais l’assumer et surtout ne pas l’éloigner. J’étais fatiguée et physiquement éprouvée (mon deuxième c’est douleur) mais je voulais lui donner moi même ses petits compléments… le colostrum ne suffisant pas à rassasier mon petit gigot de plus de 4 kilos. Je voulais l’avoir à portée de vue, à portée de mains, à portée d’oreilles. Cette nuit là je dormirai très peu. Une petite nuit à l’écouter respirer, comme il y en aura tant d’autres par la suite.
Pour alléger le poids de la responsabilité, un amour généreux et aveuglant m’envahira, petit à petit. La douleur, les agrafes, les perfusions, le tensiomètre… j’en ferai une totale abstraction. 
Dans la nuit, dans cette chambre double, une dame discrète est arrivée pour occuper le deuxième lit. Elle était enceinte et sous surveillance. Je l’ai sentie stressée et soucieuse de ne pas déranger. J’ai affiché mon plus beau sourire sur mon visage déconfit pour lui dire que tout ça serait bientôt oublié. Je crois qu’elle m’a cru.
Cette première nuit je pense ne jamais l’oublier. Le lendemain matin j’étais heureuse, mais heureuse d’un vrai bonheur, d’un bonheur heureux quoi! (mon troisième c’est bonheur) Plus rien d’autre n’existait: j’étais maman!

                    Le bonheur post-accouchement c’est d’être assorties du coussin d’allaitement aux pyjamas ♥                       (tu vois, on ne les remarque même pas les branchements ^.^ )
Je me suis levée, j’ai fait une toilette rapide et je me suis brossée les dents. Et j’attendais l’heure du bain… le premier. Je m’apercevrai ensuite que je n’avais pas le droit de me lever quand deux personnes viendront pour m’aider à me lever… oups… ça faisait déjà une heure que je menais ma petite vie toute seule. Je n’ai rien dit.
Pour le premier bain je serai donc punie. Je devrai observer depuis mon lit et je n’en louperai pas une miette car cette fois ci le bonheur touchera l’Homme de ma vie. Après les émotions, l’action. C’était à lui de prendre les choses en main et de commencer à faire des trucs de papa.  On écoutait les conseils avec  une attention mitigée et des sourires béats.
Il y a trois ans, le lendemain de mon accouchement nous étions un papa et une maman. 
(Et mon tout fait des souvenirs!)