Ahhhh le deuxième trimestre! Sérénité, épanouissement, bien être et harmonie: mon c..! Excusez moi, ce sont les hormones! Ré-excusez moi, en fait ce ne sont pas du tout les hormones, il s’agit en fait d’une hypersensibilité qui se développe au cours de la grossesse, un peu comme l’instinct de survie de la future maman. Je lis un livre très intéressant sur le sujet et je vous en parle très rapidement.

Bref! Au deuxième trimestre tout le monde nous regarde et nous affirme que le plus dur est passé, nous informe que cette période est le meilleur moment de la grossesse et que nous DEVONS en profiter. Et tout le monde aime s’entendre dire : « de toute façon être enceinte n’est pas une maladie ».

Je suis OK avec ça, tout le monde est OK avec ça. La grossesse est un don merveilleux de la nature. La création d’un être humain est une expérience extraordinaire et pour rien au monde, je ne laisserais ma place. Je suis tellement reconnaissante d’avoir cette chance!

Il n’empêche que les nausées, les reflux gastriques, les hémorroïdes, les infections urinaires, les mycoses, la rétention d’eau, la douleurs ligamentaires ou à la symphyse, les crampes et les courbatures… sont des manifestations corporelles qui ressemblent à s’y méprendre à des symptômes de maladie.

Je ne suis pas du genre à me plaindre. J’accepte les contraintes et les émotions changeantes. J’accueille la vie avec tout ce qu’elle comprend… mais par pitié! N’ordonnez pas à une femme enceinte d’être au top de sa forme parce qu’il est écrit dans tous les livres et même dans le Femme Actuelle de mamie Jacqueline que le second trimestre, ce n’est QUE du bonheur! (à trop galvauder le mot bonheur… voilà comment il devient insaisissable).

Premièrement, cette injonction au bien-être complexe la future maman, qui, malgré tous ses efforts, n’arrive pas à aller bien, adorerait faire fi de ces petits soucis et ne profite pas du miracle qu’elle est en train d’accomplir, parce qu’elle a mal et qu’elle s’inquiète pour son tout petit.  Cela ne fait que culpabiliser la future mère pour qui la plénitude n’est pas au rendez-vous.

Deuxièmement, aucune grossesse ne se ressemble. Nous sommes toutes uniques physiquement et psychiquement, toutes les expériences et tous les métabolismes sont différents. Elle est peut être là, la clé, quand on s’adresse à une future maman: le respect de son unicité et de son intimité.

La grande joie d’attendre un enfant, si elle se doit d’être partagée, n’inclut pas le suivi médical, les détails de la vie de couple et de la vie de famille. Pourtant, suite à l’annonce « officielle » de la nouvelle, un phénomène étrange et inexplicable se produit. La grossesse semble, dès lors, propulsée dans le domaine public. On scrute le corps de la femme enceinte de la tête au pied, on observe l’évolution de son ventre (dans le meilleur des cas, sans y toucher) et on s’enquiert de tout un tas d’informations qui sembleraient inconvenantes ou tout du moins indiscrètes s’il n’était pas question de gestation.

Il ne s’agit alors aucunement d’empathie ou de bienveillance mais simplement de curiosité. La future maman a besoin d’attention en tant que personne comme tout à chacun. Elle n’a pas besoin de conseils saugrenus ou d’anecdotes concernant les voisines, les cousines, les tantines. Elle a besoin de considération, de sourires et d’encouragements. Les protagonistes de ces interrogatoires incessants sont pourtant elles aussi mamans, elles ont oublié… sûrement.

J’ai alors constaté par moi-même que les meilleurs alliés des femmes enceintes étaient les hommes! Ils vous demandent comment vous allez, se montrent attentifs sans chercher à tout savoir, en se contentant des informations que vous voudrez bien leur donner. Aucun homme ne cherchera à s’approprier votre vécu ou à jouer à l’accoucheuse de service. Aucun homme ne vous racontera en détail sa grossesse à lui et son accouchement catastrophique. Je vous l’accorde, si vous avez besoin de vous confier, les collègues masculins et les copains ne seront pas les oreilles les mieux adaptées, mais pour cela vous avez votre conjoint, des amies de confiance, votre sage femme, votre gynécologue et peut-être votre maman. Le reste du monde n’a pas à savoir ce qu’il se passe en vous si vous ne ressentez pas le besoin de lui crier.

Tout cela pour vous dire que non, la grossesse n’est pas qu’une affaire de femmes, c’est une affaire d’humanité. Se tourner vers les bonnes personnes, savoir demander de l’aide mais également savoir se préserver, savoir vivre des moments pour vous et rien qu’à vous dans l’intimité de votre foyer. Voilà ce qui vous rendra le plus service dans cette période intense et chamboulée.

Vous l’aurez compris, ce deuxième trimestre n’aura pas été de tout repos pour nous. Cependant, j’ai l’immense fierté d’avoir passé mon diplôme universitaire en Psychologie Positive avec succès et d’avoir obtenu une note très honorable à mon mémoire, malgré les déconvenues, les inquiétudes et le tsunami émotionnel provoqué par les balbutiements de la vie qui s’installait au creux de moi.

Nino et moi avons préféré laisser mûrir notre projet dans la douceur de notre nouvelle jolie casa. Nous avons laisser cette idée de devenir parent grandir au rythme de l’évolution de notre bébé. De ces mois où la nouvelle s’est progressivement propagée, je retiendrai que notre amour et notre complicité n’ont cessé de se développer. Cela nous a semblé nécessaire pour bâtir les fondations de notre nouvelle famille en devenir, bien au delà de l’opinion des personnes bien intentionnées. Et puis surtout, lors de ce deuxième trimestre, il y a eu l’échographie des cinq mois, celle qui n’annonçait que des bonnes nouvelles pour une fois! C’est là que nous avons appris que Nino allait devoir vivre entouré de nanas ♥

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La vérité, vous voulez la connaitre? J’en chie un peu oui, j’en chie des minis ronds de chapeaux mais j’adore ça! Parce que la souffrance fait partie de la vie, parce qu’elle signifie que je porte la vie et parce que c’est peut-être la chose la plus hallucinante et la plus déroutante que de créer la vie!

Big up à toutes les futures mamans et à tous les futurs papas, vous êtes des super héros,  ne l’oubliez pas!