On s’est aimé à deux, pendant de longues années. Il y a eu des hauts, des bas, de la distance, de longs mois sans se voir, mais un amour toujours plus fort, toujours plus grand.
Notre couple « on l’a vécu » comme on dit, on en a profité: des vacances, des week ends, des restos, des cinés…
Et puis l’envie de se trouver une jolie maison et de se marier. Dans 10 jours, nous fêterons nos 6 ans de mariage, en novembre nous penserons à nos 13 ans de couple…
Et ouai 13 ans! ça commence à causer hein! #JeSuisVieille
Mais la plus grosse des épreuves qu’aura eu à subir notre couple, ce n’est pas la distance, ce ne sont pas les gens mal intentionnés, ce ne sont pas les longs mois d’absence, non, ça aura surement été l’attente d’un bébé vraiment pas pressé d’arriver.
Une épreuve dont on aurait pu ressortir plus forts encore, seulement on ne s’attendait pas à se prendre un baby clash en pleine face. Chouquette a été un bébé qui nous a particulièrement épuisé durant les premiers mois de notre vie à trois. L’attendre aussi longtemps avait exacerbé notre côté poule et notre côté poulpe. Le stress, la fatigue, mon corps de maman toute fraîche un peu éparpillé, s’adapter à un rythme cadencé par des nuits trop courtes et des journées de boulot trop longues… tout ça nous avait usé.
On ne s’en est pas rendu compte tout de suite. En congé maternité, j’étais assez exclusive avec mon bébé (rien de foufou me diras-tu) mais l’exclusivité s’est aussi joué de son côté. Il n’y avait rien qu’elle. Petit à petit nous nous sommes éloignés l’un de l’autre. Nous étions devenus des colocs: une coloc’ parentale! #Youhou #SoFunny
C’était la big lose. Et puis Chouquette a grandi, ses nuits se sont rallongées et nos heures de sommeil aussi. On a ouvert les yeux, on a eu peur de ce quotidien qui nous bouffait et qu’on finissait par trouver presque normal.
Alors oui, pour redémarrer du bon pied il faut prendre sur soi, laisser glisser les remarques qui peuvent paraitre blessantes, lutter contre l’indifférence, provoquer les choses, se souvenir qu’on s’aime, niquer cette putain de routine! Et niquer bordel!
Apprendre à être un couple à l’intérieur d’une famille ce n’est pas inné, non, vraiment c’est compliqué. Et j’en avais déjà parlé. Je n’écris pas ça pour faire flipper les futurs primipares mais plutôt pour qu’ils s’y préparent. La routine c’est vraiment le poison du couple, l’ennemi à abattre, la pétasse du quartier. Et être parent, respecter un rythme imposé, articuler toute sa vie autour d’un bébé, nourrit la routine. Il ne faut pas s’oublier et ne pas oublier que rien n’est jamais gagné.
Elle est toujours là, tapie dans l’ombre, prête à nous rattraper cette fucking routine. Il faut courir plus vite qu’elle, il faut avoir des projets ensemble, aller de l’avant, programmer des vacances, des week ends, des restos, de cinés, en famille ou/et en amoureux. Cultiver une complicité et un grain de folie qu’on avait surement perdu.
Main dans la main, les cheveux de Chouquette dans les yeux ♥

On s’est aimé à deux et il aura fallu apprendre à s’aimer de nouveau maintenant qu’on est trois. Ces petites choses ça prend une place folle dans nos maisons et dans nos coeurs, la clé du bonheur c’est certainement d’essayer de repousser les murs à coup de masse, à coups de poings, à coup de reins tout ce qui fera du bien.
 

Et pour ceux qui pourrait croire que c’est indécent de parler de sa vie de couple sur les internets mondiaux, sachez que je ne raconte pas mon intimité (la sextape avec l’Homme sur fond de Barry White n’est pas à l’ordre du jour), je parle juste du quotidien de la plupart des jeunes parents. De ce que tout le monde connait, mais dont finalement personne ne parle jamais. Et en parler c’est déjà avancer.

Un billet sur une idée de Papa Coule