Je mentirais en te disant que c’est aussi terrible que ça en a l’air, je mentirais aussi en te disant que ce n’est pas si terrible que ça en a l’air. C’est affreusement relou épicétout!
Peut être que je ne me décourage pas aussi vite qu’avant, parce que nous y sommes déjà passés il y a un peu moins d’un an, parce que maintenant nous avons des armes, parce qu’il faut s’y résigner et accepter d’en passer par là. Mademoiselle a du caractère et elle a de qui tenir, nous ne nous étonnons donc pas de ses émotions excessives, de ses colères et de ses frustrations gargantuesques. C’est juste que nous nous étions peu à peu réhabitués à une certaine sérénité. La vie était devenue tellement plus facile et tellement plus douce, que nous avions vite perdu l’habitude de négocier, d’appréhender, de préméditer. Nous allions de l’avant, j’étais fière de ma petite fille qui avait passé l’étape de la rentrée des classes les doigts dans le nez!
Mais la fatigue de l’école aidant, ce fichu hiver où on se dépense un peu moins dedans, les absences répétées de son papa qui a un travail prenant, toutes ces petites choses du quotidien, mises bout à bout, on réveillé le mini dragon.

Les colères sont toujours aussi explosives mais plus courtes, on arrive désormais à les calmer rapidement. J’ai toujours peur qu’elle se fasse mal quand elle se laisse tomber par terre, qu’elle met des coups de pieds dans les murs, quand dans la voiture elle jette sa tête en arrière. Je la protège, je la rassure, je l’aide à chasser la vilaine grosse colère. Un gros câlin et ça repart jusqu’à la prochaine frustration.

Un rien la vexe et surtout l’échec. Un verre d’eau renversé sans le faire exprès et c’est le drame. Il faut vite désamorcer la crise sinon ça sera de plus en plus dur de l’en sortir. J’en ris, je dédramatise beaucoup mais faire face au comportement enfant n’est pas toujours évident.

Les gens pourraient me trouver chelou de serrer très fort dans mes bras ou de réconforter une petite fille qui vient de me traiter de « maman trop nulle », de me dire qu’elle ne voulait plus de moi, que j’étais moche. J’en suis consciente et je m’en contrefous. J’ai appris toute seule à gérer ses colères, à canaliser toute cette violence qui sort d’un tout petit bout de 2 ans et puis 3 maintenant.

J’ai lu, beaucoup, du Filliozat, du Gordon. J’ai cherché à comprendre, je me suis remise en question et je le fais toujours car ce qui fonctionnait hier ne fonctionne plus forcément aujourd’hui. Finalement ça doit tenir à ça d’être parent: s’adapter, composer avec le caractère de nos petits humain, évoluer et apprendre à leur contact… devenir moins con au fil du temps.

C’est bien connu, avant nous avions des principes et maintenant nous avons des enfants. #ParentsOfDragons