Il y a des mercredis plus dur que les autres, des mercredis choupis, plein de bisous et de gâteau au chocolat « super génial maman » cuisinés dans la bonne humeur… et il y a les autres, les affreux, ceux pendant lesquels Chouquette me pousse dans mes derniers retranchements, de ces mercredis où en fait, tu te ferais bien ligaturer les trompes… (t’inquiète chéri, l’envie me passe très vite).

Ma monstresse elle a l’art et la manière de transformer une journée maman/bébé (comme j’aime à les appeler), en une journée de *prendre une voix tonitruante et caverneuse* l’ENFER!

Cette journée là a commencé très tôt, dès 6h30… elle s’est réveillée en hurlant, exigeant que je me lève, sauf que moi j’aurai bien commencé ma journée un peu plus tard et en douceur. Après une demi heure à batailler dans les cris et les jetés de doudous, j’ai bien compris qu’on allait bien se marrer toute la journée.

Mais c’est pas grave, je  m’en tiens au programme, ce matin nous irons à la médiathèque pour écouter les comptines et choisir de nouveaux livres à lire.

Ai-je vraiment besoin de te décrire les scènes qui vont suivre? 

Des enfants sages comme des images qui écoutent les gentilles dames avec attention et la mienne qui saute sur les coussins, qui fait des cabrioles, qui n’embête personne mais qui fait sa vie et qui se contrefout de ce qui se trame autour d’elle. Je sens déjà, posés sur moi, les premiers regards désapprobateurs des perfect mums et des perfect nounous. Le choix des livres va être interminable, l’enregistrement de nos emprunts un vrai calvaire… elle court partout veut descendre les escaliers, me regarde du coin de l’oeil avant de s’engouffrer dans la réserve, me taquine en posant le bout de son pied sur la première marche, appuie sur le bouton de l’ascenseur au moins dix fois avant que je ne puisse l’arrêter. Je ne suis que paix et amour à l’extérieur et je boue à l’intérieur. On partira en beauté quand elle se coincera les doigts dans la porte de l’ascenseur et que ses cris stridents finiront par avoir raison de mes tympans. Je te jure que des cris d’enfants, dans un grand hall en mezzanine, ça résonne vachement. Finalement plus de peur que de bobo, les petits doigts sont sains et sauf… pour ma dignité c’est autre chose.

Bien sûr je mettrai trois plombes à trouver mes clés de voiture dans mon sac, histoire de faire durer le plaisir mais nous voilà enfin parties! Tiens, on est juste à côté du magasin de chaussures confortables et pas chères. Allez on y va, y’en aura juste pour 5 minutes. « On va faire une petite course ma chérie, t’es sage avec maman, tu donnes la main et tu écoutes! » « Oui oui, promis! » (elle adore promettre…hum).

Ai-je vraiment besoin de te raconter ce qu’il va se passer? 

Elle ne va pas vouloir que je la porte dans les escaliers, que je lui tienne la main dans les magasins, elle va courir partout et quand je vais la rattraper elle va se transformer en vieux chewing gum impossible à trainer, elle va se planquer entre deux piles de chaussures, me faire baliser très fort et quand la vendeuse m’indiquera où elle se cache, en levant ses yeux vers le ciel, Chouquette sortira de sa cachette en criant « youhou disparu, c’est golo maman! ». Sauf que c’était pas golo du tout, du tout, que j’ai eu une des plus grandes peurs de ma vie, que je n’ai pas acheté de chaussures, que nous sommes reparties comme des flèches et qu’en prime nous avons paumé son joli foulard… la poisse.

Et là, tu sais quoi, il n’était que 11h30, putain, 11h30…

Pour ma Chouquette chaque nouveau lieu n’est qu’une nouvelle zone de jeu à explorer. Tout n’est que prétexte à l’amusement et une occasion de plus de faire tourner en bourrique sa maman. Je sais bien que les jours où la patience me quitte, son envie de faire des conneries est à son paroxysme. Alors des fois, je cris, je m’énerve, je cours, je transpire, je suis rouge comme une tomate, les cheveux qui partent en cacahouètes et je manque souvent de gameler méchamment, à force de la rattraper in extremis quand elle veut se carapater. Cette gamine m’use et en abuse, l’intégrité de sa daronne en société elle n’en a rien à carrer mais parfois, être une #BadMother c’est épuisant et difficile à assumer.

#Bad Mother c’est tout les vendredis chez Maud et Emma.