Oui tu as bien lu, notre petite ingrate de fille, deux ans, a décidé, un beau dimanche matin de mettre les voiles puisque ses affreux parents la saoulait d’une force incommensurable.

Attend, attend, n’appelle pas les services sociaux avant que je remette tout dans son contexte… Nous habitons une petite voie sans issue où les voisins traversent facilement la rue pour taper un petit brin de causette. Chouquette connait le prénom de nos voisins et adorent les interpeller au travers du portail, et si par malheur ils ne lui répondent pas, elle pump up the volume jusqu’à ce que sa cible lui rende son bonjour. Pas plus tard qu’hier elle hurlait à qui voulait l’entendre « c’est moi l’patron! » Merci la pub.

Bref ce dimanche matin, l’Homme taillait le bout de gras (oui j’en ai plein d’expression comme ça demande à Cynthia) avec le voisin d’en face, accompagné de notre greffon. A l’heure de rentrer dans la cour de la maison, elle lui asséna un « non! » qui voulait, à peu de chose près, dire « va te faire voir sur Mars ». La réaction du chef de famille ne se faisant pas attendre, il a attrapé notre grumeau par l’élastique de son short à fleur et l’a ramené à la maison. La petite rebelle se débat et fiche des gnons à son papa qui la colle au coin… on ne gagne pas à tous les coups.

S’en suit, des cris, des larmes, des cris et d’autres cris encore plus stridents. Une fois calmée je lui réexplique qu’elle doit écouter son papa et qu’on ne va pas toute seule dans la rue. Il fait beau la porte fenêtre est ouverte et elle part jouer dans le jardin et ne se lasse pas de faire des aller-retours entre son père qui fait du chocolat bricole dehors et sa mère qui fait du gâteau lave la casbah.

Et puis, et puis les minutes s’égrainent et une voix plutôt familière hurle mon prénom à moi et à l’Homme devant notre portillon. Je sors à la vitesse de la lumière (si!), en pyjama/chaussettes (on est dimanche matin et je nettoie mes chiottes hein, je postule pas pour Miss Camping) et là je vois la voisine avec ma Chouquette, toute penaude, dans les bras.

La colère a pris le dessus sur …à peu près tout, j’ai à peine remercié la voisine, (l’Homme s’en chargera plus tard) et je pars en vrille, genre je hurle, je met au coin, je range les jouets et je dis des trucs de satan du style « privée de Mickey, privée de T’choupi, privée de vélo, privée de toboggan… » J’annonce la couleur, les prochaines heures vont lui paraitre bien bien longues.

Mademoiselle s’était donc sauvé, surement extrêmement frustrée de sa précédente punition, elle avait ouvert le portillon avec ses petites mimines et l’avait surtout soigneusement refermé. Et puis elle avait été se présenter devant la porte du voisin. Heureusement je l’avais habillé en mode année 80 ce jour là, avec des vieux fringues bien flashy (baskets fluos, bandeau fluo… enfin tu vois le genre) dédiés à être maculés de terre, de poussière et de vert de gazon. Elle n’est donc pas passée inaperçue et la voisine d’à côté l’a vu et l’a rattrapé de suite. La fugue n’a donc du durer qu’une minute trente mais une minute trente de trop.

Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur vu que je ne l’ai pas vu se carapater, la bougresse, mais j’ai bien eu le temps d’être en colère. Depuis portails et portillons sont fermés à clé, à triple tour. Ma raiponce version châtain est donc de nouveau bien enfermée dans son donjon par ses horribles darons. Je n’aurai donc qu’un conseil à te donner, à toi, cher parent innocent: ne fais jamais confiance à tes enfant, jamais, jamais, jamais! (je rigole pas)

Terrible two, je te hais!