A l’intérieur de ma gentille Chouquette vit un petit diablotin, celui là je le déteste, il me fait tourner en bourrique, il me fait sortir de mes gonds, il m’use et il en abuse.

Il se manifeste toujours aux mêmes occasions, il est indissociable de sa vieille amie la frustration, dès qu’elle se pointe, tu peux être sûr qu’il rapplique au galop. Il apparait toujours sous la forme d’un petit sourire narquois. Ce qu’il peut m’agacer avec son air mutin. Car c’est bien ça qu’il ancre dans la tête de ma Chouquette, ce diablotin: la rébellion.

Il n’en reste jamais là, il trouve des parades, rivalise d’audace et de nouveautés pour parer à toutes mes tentatives d’apaisement ou de démonstration d’autorité parentale. Ce que je dis au petit bout de femme pour qui je donnerai tout sans conditions, ce p’tit con il s’en contrefout.

En ce moment il a trouvé le truc qui fait mouche, après le non, après les bêtises, après les grosses colères, voici venu le temps des rires et des chants des mots qui font mal, très mal. Et les mots qui blessent il les garde en dernier recours, quand les menaces d’aller au coin ne suffisent plus et que la sanction tombe. Au moment ou je tournerai le dos, la petite bouille de ma Chouquette se dévisserai vers moi en me proférant des « mamans té méchant! » « maman pas belle! »…

Ahhhh! touchée, coulée la mother… A ses presque deux ans (oui c’est dans 6 jours mais c’est pas tout à fait quand même), ça y est je n’étais déjà plus la gentille et jolie maman adorée de son coeur, je n’étais que la sale tortionnaire qui l’empêchait de grimper sur la table du salon, de vider le placard à gâteau, de colorier les factures et d’étaler de la vache qui rit dans ses cheveux, bref j’étais celle qui osait défier ses envies irrépressibles de faire des conneries.

Chaque « pas belle » est un un petit cure dent trempé dans l’acide qu’elle m’enfonce dans le coeur et le petit diablotin qui se cache dans sa bouche s’en donne à coeur joie. Et je me fâche, j’explique, je rabâche mais parfois je hurle… Il a gagné ce p’tit con, je suis hors de moi, il me teste et je démarre au quart de tour.

C’est à ce moment qu’il faut chercher en nous des forces insoupçonnées, celles qui ne te feront pas lâcher, celle qui feront que tu te maitriseras, car il faut bien l’avouer  face à un caractère de chien les doigts te démangent parfois. Certains diront qu’il est plus que temps de lui mettre une fessée, que ça la calmera, qu’elle comprendra mais non, je suis désolée, je refuse. Et je ne refuse pas par lâcheté, une tape sur la couche je lui en ai donné une, une fois, j’ai trouvé ça inutile et totalement débile. Je ne refuse pas parce que je suis une maman super zen, super pacifique, super permissive ou super douce, non je refuse parce que ça n’a ni queue ni tête. C’est tout, c’est ma décision, et je résiste prouve que tu existes.

Maintenant que le décor est planté, j’ai deux à mots à te dire à toi le petit diablotin qui s’immisce entre toi et mon adorable Chouquette (la version adorable et angélique qui fait des bisous qui claquent et qui me sert du « maman ça va? » quand je dis aïe et du « maman chérie » quand elle veut un bout de chocolat): OK c’est ton moment de gloire, OK il faut qu’on en passe par là pour qu’elle grandisse mais sache qu’on ne lâchera rien, qu’on sera là pour la mettre au coin quand il faudra, qu’on continuera à lui expliquer pourquoi c’est non, que t’auras beau lui souffler des méchancetés ou des gros mots on ne laissera rien passer.

No pasarán!